Harraga
PAR MOHAMED BOUHAMIDI
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Harraga
PAR MOHAMED BOUHAMIDI
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Les harraga existent-ils ? La question est d’importance. La Marine nationale en sauve quelques-uns en haute mer, des tribunaux les condamnent parfois et la presse écrite en parle souvent. Mais au-delà des ces trois cercles rien, pas un mot. Les partis politiques parlent beaucoup à l’approche des élections. Les partis de la coalition présidentielle parlent tout le temps à la télé et à la radio. Ould Abbas consent à reconnaître l’existence de nécessiteux. Mais «politiquement», les harraga n’existent pas.
Je comprends que la question est gênante. Reconnaître que le premier résultat, le résultat le plus constant, le résultat le plus incontestable de la politique d’un pouvoir immensément riche est le désespoir, c’est difficile. Soit pour le pouvoir ! Mais alors pourquoi l’opposition ne se saisit-elle pas du sujet pour contester la satisfaction béate du FLN, l’arrogance du RND, les jeux de mots du MSP ? Vous me direz que l’opposition ne critique jamais le pouvoir sur ses options et ses orientations économiques et sociales en dehors du PT et du PST. A croire, qu’au fond, elle partage avec lui ses options et ne le dispute que pour les méthodes, sur les formes ou sur le langage. Vous avez raison, pourquoi alors s’intéresser à des harraga qui proclament et qui crient leur peu d’importance par le fait même qu’ils partent dans des conditions suicidaires ? Pourquoi s’intéresser à des marginaux qui ont, à ce point, intériorisé leur condition que la perspective de la mort leur est préférable à une vie au pays ? Dans ce mépris du désespoir qui a rongé tant de jeunes il y a du sens, beaucoup de sens qu’un gouvernement normalement attaché à la gestion d’un pays aurait cherché à comprendre par la mobilisation des chercheurs et des scientifiques. Normalement attaché à la gestion d’un pays. C’est bien le premier constat qui s’impose à moi. Mais, le pouvoir se moque complètement de ces jeunes et de leur désespoir tragique. Comme il se moque, du reste, des autres problèmes. S’il n’y a pas une émeute ou une grève sérieuse, il ne lève pas les yeux du tiroir-caisse. Autrement, il aurait entendu et essayé de comprendre le cri des jeunes Kabyles qui a remué tant de consciences : vous ne pouvez nous tuer, nous sommes déjà morts. Les harraga affrontent-ils une mort qu’ils vivent déjà ?
M. B. Je comprends que la question est gênante. Reconnaître que le premier résultat, le résultat le plus constant, le résultat le plus incontestable de la politique d’un pouvoir immensément riche est le désespoir, c’est difficile. Soit pour le pouvoir ! Mais alors pourquoi l’opposition ne se saisit-elle pas du sujet pour contester la satisfaction béate du FLN, l’arrogance du RND, les jeux de mots du MSP ? Vous me direz que l’opposition ne critique jamais le pouvoir sur ses options et ses orientations économiques et sociales en dehors du PT et du PST. A croire, qu’au fond, elle partage avec lui ses options et ne le dispute que pour les méthodes, sur les formes ou sur le langage. Vous avez raison, pourquoi alors s’intéresser à des harraga qui proclament et qui crient leur peu d’importance par le fait même qu’ils partent dans des conditions suicidaires ? Pourquoi s’intéresser à des marginaux qui ont, à ce point, intériorisé leur condition que la perspective de la mort leur est préférable à une vie au pays ? Dans ce mépris du désespoir qui a rongé tant de jeunes il y a du sens, beaucoup de sens qu’un gouvernement normalement attaché à la gestion d’un pays aurait cherché à comprendre par la mobilisation des chercheurs et des scientifiques. Normalement attaché à la gestion d’un pays. C’est bien le premier constat qui s’impose à moi. Mais, le pouvoir se moque complètement de ces jeunes et de leur désespoir tragique. Comme il se moque, du reste, des autres problèmes. S’il n’y a pas une émeute ou une grève sérieuse, il ne lève pas les yeux du tiroir-caisse. Autrement, il aurait entendu et essayé de comprendre le cri des jeunes Kabyles qui a remué tant de consciences : vous ne pouvez nous tuer, nous sommes déjà morts. Les harraga affrontent-ils une mort qu’ils vivent déjà ?
M. B.