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Id�es en dehors de l�histoire par Mohamed Bouhamidi

 

Proph�tes du choc des civilisations et partisans du dialogue des cultures nous proposent une m�me d�marche d�occultation du mouvement r�el du monde.
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�������������������� Id�es en dehorsde l�histoire
Beno�t XVI ne pouvait tenir ses propos sur le rapport d�alt�rit� de la raison et de la foi musulmane en ignorant le contexte terrible de guerres dans lesquels vit la r�gion du Moyen Orient ni le contexte id�ologique de choc de civilisations cr�� par l�artifice des strat�ges sionistes et n�o-conservateurs am�ricains. Inutile de revenir sur la fonction de substitution � la menace communiste de ce choc des civilisations qui permet aux dirigeants am�ricains de brandir cet ennemi ext�rieur au maintien d�un climat de mobilisation interne qui fut si commode � la conduite de la chasse aux sorci�res et l��radication, � l�int�rieur des leurs fronti�res, des communistes am�ricains ou ce qui en approchaient aux yeux de Mac Carthy.
����������������������� L�oubli d�Ibn Rochd
L�Eglise n�est pas l�institution humaine la mieux indiqu�e pour juger des rapports de la foi d�autrui � la raison avec son histoire lest�e par l�Inquisition, les autodaf�s, la premi�re grande �puration ethnique et confessionnelle qui a touch� trois millesmaures, morisques et juifs apr�s la chute de grenade, le compagnonnage avec la colonisation et l�accommodement avec l�esclavage et la traite des noirs�; mais restons au plan strict de la raison et du stigmate qui restera au front de cette �glise romaine avec le r�gne papal des Med�cis et la vente des indulgences, la mise sur le b�cher de Gordano Bruno, la condamnation de Galil�e et de l�h�liocentrisme, l�hostilit� active � la th�orie de l��volution des esp�ces. Et l�Eglise ne fut jamais autant dans le si�cle et ses motivations humaines que pendant la p�riode des croisades et les affrontements autour des routes des �pices et de la soie qui ont amen�, devant le verrou ottoman, Isabelle la Catholique � financer l�aventure de Christophe Colomb pour contourner la Sublime Porte par l�est et par la mer et qui aboutit au hasard d�une circumnavigation encore m�connue � la d�couverte des Am�riques et des cons�quences que vous savez sur les civilisations et les peuples au nord et au sud de ce continent. L�Europe c�l�brera cet �v�nement qu�elle prendra, plus tard, pour l�acte inaugural de l��re de la modernit� d�finie comme l��poque des d�couvertes et des inventions ans demander l�avis (avaient-ils un avis � donner�?) des peuples et des territoires qui en avaient fait les frais et installant d�finitivement cette notion morale li�e � la domination du monde dans l��quivoque de la c�l�bration de la sup�riorit� militaire et mat�rielle de quelques pays europ�ens sur le reste du monde.
������������������������ La pire des r�f�rences
C�est bien parce que l�Eglise a toujours �t� pr�sente au monde, aux remous et aux int�r�ts tr�s terrestres de la vie s�culi�re qu�il est difficile, voire insultant pour son intelligence, de ne pas situer les propos du Pape dans les controverses les plus actuelles sur le choc des civilisations et quelle meilleure r�f�rence que celle d�un Manuel II de cesPal�ologue qui ont eu � d�fendre puis � perdre Byzance en 1453 sous la pouss�e des turcs et pour qui, donc, l�Islam ne pouvait �tre que le mal absolu celui ruinait l�Empire Chr�tien d�Orient. Il �tait vraiment difficile de trouverpire p�riode pour parer des rapports entre les hommes professant les deux religions quoiqu�ils eut pu aussi int�ger l�apport des savants et philosophes musulmans d�Andalousie au r�veil de l�Europe m�di�vale de son long sommeil dogmatique.
Bref, la violence et l�antinomie avec la raison en Islam ne seraient pas le fait de moments historiques, un accident dans une histoire particuli�rement sanglante faite de domination, de d�membrements, de remodelages d�un ensemble politique mill�naire sous la tutelle de dynasties musulmanes puis ottomanes multi-ethniques, multi-confessionnelles etmulti-linguistiques sous la forme d��tats nation dont l�id�al pour ceux qui les ont inspir�s par la force, Anglais et Fran�ais, auraient �t� qu�ils fussent � l�image du mythe de l��tat-nation homog�nes, mono-ethnique, mono-confessionnels et mono-linguistique�; mais allez remodeler des h�ritages g�ographiques inextricables o� les religions et les populations se sont entrem�l�es de quartier � quartier, de rue � rue, de maison � maison�!
����������� De l�Islam des �migr�s� l�intrusion d�un pays musulman������������������������������
Pour le Pape il �tait essentiel que cette violence et cette antinomie � la raison soient consubstantielles � l�Islam lui-m�me. Les explications compliqu�es sur ce qu�a voulu dire le Pape, en somme que nulle r�f�rence religieuse ne peut justifier le recours � la violence, confirme qu�il parle de la violence d�aujourd�hui et donc de la n�cessit� pour les musulmans de r�former leur dogme et de renoncer � la voie de l��p�e. Il s�aligne sur les th�ses des n�o-conservateurs en mal de nouvel ennemi que ne peut constituer le terrorisme islamiste � lui seul car pour �tre global l�ennemi doit proc�der d�une vision globale, � la place du communisme vous avez l�Islam et les islamistes le leur rendent bien par leurs pratiques et leurs discours qui visent un occident global, total et sans nuances. Les protagonistes semblent tout faire pour se donner mutuellement raison et � regarder de plus pr�s et l�Eglise et les organisations islamistes sont des appareils id�ologiques et th�ologiques dontle principal ennemi reste l��mergence d�une pens�eprofane sur le monde, et les troubles qui l�agitent, qui saperait les bases de leurs pouvoirs. Ils ont � leur avantage les id�ologies dont nous savonscombien elles sont actives, relativement autonomes et qu�une fois constitu�es elles acqui�rent une vie ind�pendante des conditions de leurs naissances, peuvent leur survivre des si�cles � l�image de la philosophie grecqueinfluencer nos regards et nous servir de grilles de lecture. Mais nous sommes loin de tout cela car tout Pape qu�il est Beno�t XVI n�est pas tomb� du ciel et il est bien le continuateur de l��uvre complexe et men�e avecbrio par son pr�d�cesseur quiavait pour t�che de contribuer � la fin d�un communisme europ�en mis � mal par ses r�sultats pratiques. Beno�t XVI doit continuer cette �uvre dere-christianisation d�unel�Europe travaill�e par les tendances aux nouvelles libert�s et par les revendications de nouvelles formes de vie familiale et de rapports parentaux homosexuels etc. Cette Europe de plus en plus sensible aux approches profanes du monde peut �chapper � l�Eglise dont la mission est de sauver son �me, de la r�veiller aux dangers du multi-culturalisme,des solidarit�s inconsid�r�es avec des peuples h�t�rog�nes dans son d�sir d�une autre mondialisation etc. Or, cette Europe base essentielle du Christianisme risque de se perdre dans ce multi-culturalisme et le danger le plus imm�diat reste l�accord d�int�gration de la Turquie dans l�union Europ�enne avecles cons�quences pr�visibles d�une perte de l�identit� chr�tienne ou jud�o-chr�tienne de cecontinent et la r�f�rence � Manuel II Pal�ologue dernier rempart de l�Empire Chr�tien d�Orient s��claire autrement. En s�alignant sur les th�ses du choc des civilisations si utile aux men�es des n�o-conservateurs ce Pape atlantiste marque sa diff�rence avec leur politique qui pousse l�Europe � accepter la Turquie dans cet ensemble car � leurs yeux cette adh�sion g�nerait consid�rablement les vell�it�s d�un ensemble compl�tement ind�pendant de l�organisation atlantique et de la supr�matie am�ricaine. Mais la divergence semble secondaire. Les r�action des islamistes et des �masses�� musulmanes sont remarquables compar�e aux �pisodes qui ont suivis les caricatures de notre Proph�tes�: tr�s peu d�images r�dhibitoiresde foules hyst�riques et repoussantesmais des d�clarations fermes dans la forme mais qui dans le fond acceptent la controverse comme si elle �tait attendue et souhaitable au prix bien sur d�excuses qui ne remettent pas en cause le principe cardinal, sans jeu de mots, qu�enfin le champ de la confrontation est balis� et r�serv�aux ceux qui savent et peuvent parler, la khassa, et dont la ��ghama�� doit suivre les consignes de guerre et de tr�ve.
�������������������������� L�atlantisme religieux
Beno�t XVI a offert aux islamistes la l�gitimit� de l��rudition qui assoient le pouvoir des savants. Et le couple confrontation /dialogue ne deviennent, en apparencepar miracle mais en r�alit� par connivence id�ologique,que les s�quences jumelles d�une m�me occultation du monde r�el et de ses int�r�ts mat�riels sordides comme le contr�le de la route des �pices et de la soie sous le pr�texte des croisades ou aujourd�hui le contr�le des ressources �nerg�tiques et de leur transport. Qu�importe � l�Eglise de Beno�t XVI la mort du Salvadorien MonseigneurOscar Rom�ro Ev�que des paysans pauvres et suppliant le Pr�sident Carter de cesser son aide � un r�gime qui opprimait�les pauvres, qu�importe � Beno�t XVI le combat de l�Ev�que Desmond Tutu en Afrique du Sud, qu�importe � cette Eglise Europ�enne et atlantiste le combat des �glises des pauvres en Afrique contre le Sida ou pour le commerce �quitable en Am�rique Latine, qu�importe m�me dans notre pays le martyre de religieuses et de religieux soucieux seulement de porter le t�moignage du Christ et en face qu�importe aux islamistes les maladies, l�ignorance, la mis�re, la soumission des ceux qu�ils appellent leurs fr�res en religion pourvu qu�ils conservent le m�me pouvoir symbolique et � combien pratique sur des masses de gens r�duits � se consoler de leur foi.
������������������������ Le pi�ge du dialogue/ confrontation
Beno�t XVI n�a pas seulement apporte son onction aux th�ses am�ricaines du choc des civilisations, il a aussi aid� � conforter son autre face dans laquelle se sont engouffr�s nos propres dirigeants et quelques uns du monde occidental qui r�prouvent leurs m�thodes brutales et cyniques nous entra�nant dans les d�dales d�une m�me pens�e magique. Les civilisations et les cultures ne se confrontent ni ne dialoguent car ni es concepts, ni les notions , ni les id�es m�me quand ils acqui�rent une vie propre ne peuvent agir sans �tre port�s par des hommes et pour des raisons d�finitivement terrestres. Ce sont les hommes qui se battent ou nouent des alliances sur le terrain ou par id�es interpos�es. Engels �crivait �Le concept de chien n"aboie pas��. Mais alors, qui d�chire nos chairs�?��

 
  Paru le : 08-10-2006 Auteur : | Source :

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