Devant la dégradation du pouvoir d’achat des travailleurs, le refus des autorités de les écouter et de ne traiter qu'avec l'UGTA en faillite, les syndicats libres passent à l’action. Ainsi, le Conseil des lycées d’Algérie (CLA) appelle à un rassemblement pour le 24 septembre prochain à 13 heures devant l’Académie d’Alger pour «dénoncer la suppression des postes dans les lycées et pour combattre les affectations aveugles du surplus».
Par ailleurs, cinq d’entre eux (le Conseil national des enseignants du supérieur (Cnes), le Syndicat national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Snapest), le Syndicat national des chercheurs permanents (Sncp), le Syndicat national des professeurs et docents en sciences médicales (SNPDSM) et l’Union nationale du personnel de l’éducation et de la formation (Unpef) ont, dans une déclaration commune, totalement rejeté la nouvelle grille des salaires, estimant que «présentée comme la panacée des revendications socioprofessionnelles des fonctionnaires, cette grille n’est, en fait, qu’un jeu d’écriture comptable aboutissant à une augmentation destinée à être engloutie par l’inflation galopante .
Le CLA, syndicat devenu national depuis décembre 2006 et sans agrément, assure que «l’affectation aveugle des enseignants en surnombre à la rentrée scolaire a été décidée sans tenir compte des conséquences sur leurs conditions de vie et de travail ni des retombées pédagogiques sur les élèves».
Le secrétaire général du CLA, Redouane Osmane, certifie que cette démarche est «généralisée à travers le territoire national». «Cette logique comptable de restrictions budgétaires induit inévitablement à une baisse de la qualité de l’enseignement et une baisse de la réussite», avertissent les syndicalistes à travers un communiqué transmis à la rédaction. Et de continuer : «L’affectation d’office des enseignants, sans avis de la commission paritaire, est une véritable agression de nos collègues et un recul de nos droits statutaires. » «Le surplus est traité d’une manière unilatérale par l’Académie d’Alger sans consultation de la commission paritaire. La loi est ainsi bafouée», a expliqué le secrétaire général du CLA.
Le Cnes initie une grève de 3 jours
Quant au Conseil national des enseignants du supérieur (Cnes), il a appelé ses adhérents à observer un débrayage de trois jours à compter du 20 octobre prochain en signe de protestation contre la nouvelle grille des salaires. Le Cnes qui appelle à la tenue d’assemblées générales au premier jour de la grève tiendra un conseil national extraordinaire qui aura pour tâche d’arrêter le plan d’action de la rentrée et entreprend d’ores et déjà des contacts avec d’autres syndicats autonomes en vue d’arriver à des actions communes. Ces décisions ont été entérinées par le bureau national resté en session ouverte depuis le 5 septembre dernier et dont les membres ont signé un communiqué dans lequel ils déclarent que «face à la situation engendrée par la promulgation du nouveau système de classification et de rémunération des fonctionnaires qui ne réhabilitent nullement l’enseignant-chercheur comme longtemps scandé par les pouvoirs publics à travers des discours puis des engagements qui se sont finalement révélés mirages et illusions», le choix du débrayage s’est imposé. Le Cnes parle de véritable supercherie et déplore qu’après «des années d’espoir» la tutelle ne tienne pas les nombreuses promesses faites. Le bureau national «interpelle le ministre de l’Enseignement supérieur afin d’entamer incessamment de véritables négociations sur le régime indemnitaire.»
L.M. ( Sources : Le Soir)


