GOUVERNANCE
Benbitour plaide le changement
L'ex-chef du gouvernement, M. Benbitour qui était jeudi a Annaba où il a participé au 3e colloque sur la bonne gouvernance qu'a organisé le Forum algérien pour la citoyenneté et la modernité (FACM) dont il est membre fondateur, a souligné dans son intervention que ''l'absence de règles de gouvernance permet à des individus de décider aux lieu et place des institutions habilitées''.
''C'est alors l'antigouvernance, la panne des reformes et la stagnation économique, selon Benbitour qui estime que la croissance économique qui est la base du développement, doit être accompagnée d'un changement structurel sensible dans le modèle de production (exportations des matières premières, des produits à haute valeur ajoutée et des services, etc.) et dans les institutions politiques et économiques. L'amélioration généralisée dans le niveau de vie constitue également un indicateur du développement économique, souligne M. Benbitour qui distingue trois critères d'analyse de la bonne gouvernance. Il s'agit, selon lui, du processus par lequel les gouvernements sont choisis, de leur capacité de formuler et de mettre en œuvre efficacement des politiques fondamentales et du respect des citoyens et de l'Etat pour les institutions qui gouvernent l'économie et le social ainsi que leurs interactions. Benbitour relèvera, à ce propos, que ''par rapport à son potentiel et en comparaison avec d'autres pays, l'Algérie reste mal classée par rapport à l'ensemble de ces critères. En 2003, elle est classée à la 108e place par rapport à l'indice du développement humain, derrière la Tunisie (92e), la Jordanie (90e) la Libye (58e place) et Cuba (52e). Par rapport au programme de lutte contre la corruption, l'Algérie a été classée en 2003 par Transparency International à la 88e place loin derrière la Tunisie à la 39e place ou l'Egypte et le Maroc à la 70e place. En matière d'ouverture économique, l'Algérie figure dans le peloton de queue, estime Benbitour qui conclut que ''les reformes qui ont besoin aujourd'hui d'un changement de leadership pour leur imprégner une nouvelle dynamique, doivent être conduites de l'intérieur''. Par ailleurs, le 3e colloque sur la gouvernance a vu la participation d'experts, d'universitaires, de représentants d'institutions nationales et internationales, d'opérateurs économiques et de représentants de la société civile. M Noureddine Sbia, président du FACM, a souligné, quant à lui, à l'ouverture des travaux de ce 3e colloque sur la gouvernance, que celui-ci va constituer une opportunité de débattre des problématiques de la gouvernance qui sont au cœur … des reformes''.
Nabil Kebaïli