1.- LE G8 2007 D’HEILIGENDAMM :
CONTEXTE, PROGRAMME ET CONTRE-MANIFESTATIONS.
Le G8 2007 se tiendra dans la petite station balnéaire de Heiligendamm
(environ 300 résidents annuels), située sur la mer Baltique à une
vingtaine de kilomètres à l’ouest de Rostock, qui, elle, compte 200 000
habitants. Le sommet se déroule du mercredi 6 au vendredi 8 juin. Le
contre-sommet se tiendra lui du samedi 2 au vendredi 8 juin.
Par le groupe de préparation des mobilisations contre le G8 2007
d’Attac
France.
2. - L’ORIGINE, LE G7 FINANCES
La genèse du G8, qui va donner lieu à Heiligendamm, pour trente
Deuxième fois, à la réunion des Chefs d’états et de gouvernements des huit pays
parmi les plus puissants financièrement de la planète, vaut d’être
brièvement rappelée.
Par Jacques Cossart, membre du Conseil scientifique d’Attac
3.- NE FINANCEZ PLUS LA PAUVRETE !
Au rythme actuel, la communauté internationale n’atteindra pas les
Objectifs du millénaire pour le développement d’ici à 2015. La Banque
mondiale, la plus grande instance de développement au monde, porte une
large part de responsabilité dans cet échec.
Appel lancé aux gouvernements européens pour une reforme de la Banque
mondiale, 14 mars 2007
4.- A L'OCCASION DU G8 2007, MARCHONS ENSEMBLE POUR NOS DROITS !
Le Sommet des huit grandes puissances mondiales (Allemagne, Canada,
Etats-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni et Russie) se tiendra du
6 au 8 juin dans la petite station balnéaire allemande de Heiligendamm,
située sur la mer Baltique à une trentaine de kilomètres à l'ouest de
Rostock. Les mobilisations s'organisent d'ores et déjà partout en
Europe.
Par Alessandro Pelizzari, Florence Proton, Attac Suisse. (Texte publié
dans le numéro 38 du mensuel d'Attac Suisse « Angles d'Attac »)
5.- LE CLIMAT, ARME DE PROPAGANDE POUR MERKEL
Brusquement tout le monde parle du climat, en particulier la
Chancelière.
Un moyen d’escamoter les conflits sociaux lors des discussions de
l’Union européenne et du G8. La protection du climat ne peut toutefois
se concevoir sans justice.
Par Sven Giegold, Attac Allemagne (Traduction par: Cariole Collinet et
Michèle Mialane, coorditrad)
6.- APPEL AUX CANDIDATS A L’ELECTION PRESIDENTIELLE FRANÇAISE ET AUX
LEADERS DU G8 SUR LA DETTE ILLEGITIME
Nous souhaitons attirer l’attention sur le caractère odieux et
Illégitime d’une grande partie de la dette des pays du Sud.
7.- PROPOSITION DE RESOLUTION SUR L'ANNULATION DE LA DETTE DES PAYS LES
MOINS AVANCES
Sénat de Belgique, Session de 2006-2007, 27 mars 2007
TEXTE ADOPTÉ PAR LA COMMISSION DES RELATIONS EXTÉRIEURES ET DE LA
DÉFENSE
8. TEMOIGNAGE CHRETIEN LANCE UNE SOUSCRIPTION
L’hebdomadaire Témoignage chrétien, cofondateur d’ATTAC, lance une
nouvelle formule en mars 2007. Elle a l’ambition de mieux répondre aux
attentes d’un nouveau lectorat qui peut faire, de Témoignage chrétien,
un outil précieux pour tenter l’expérience de changer le monde, changer
soi-même, devenir plus humain.
http://www.temoignagechretien.fr/journal.php?ref=souscription
______________________________
1. LE G8 2007 D’HEILIGENDAMM : CONTEXTE, PROGRAMME ET
CONTRE-MANIFESTATIONS
______________________________
Contexte
Le G8 2007 se tiendra dans la petite station balnéaire de Heiligendamm
(environ 300 résidents annuels), située sur la mer Baltique à une
vingtaine de kilomètres à l’ouest de Rostock, qui, elle, compte 200 000
habitants. Le sommet se déroule du mercredi 6 au vendredi 8 juin. Le
contre-sommet se tiendra lui du samedi 2 au vendredi 8 juin.
Rappelons qu’Angela Merkel dirige une « grande coalition » SPD-CDU
(l’équivalent d’une coalition PS-UMP) et cherche à se donner une
stature européenne, si ce n’est internationale. D’autant que le contexte
international, depuis deux ou trois ans, est marqué par l’évolution
géopolitique importante que représente l’affaiblissement de l’hégémonie
états-unienne (ce qui ne remet pas en cause sa position dominante) sur
le plan militaire (défaite en Irak), sur le plan économique (percée de
la Chine et de l’Inde) et sur le plan idéologique (crise du
néolibéralisme), qui se traduit dans l’affaiblissement de Bush par
rapport aux démocrates et ainsi un certain affaiblissement de son «
leadership » mondial.
Par ailleurs, comme en 1999, l’Allemagne aura les présidences
Simultanées de l’UE et du G8 lors du premier semestre 2007. L’Allemagne a
d’ailleurs de grandes ambitions pour profiter de cette occasion pour ressusciter
le Traité Constitutionnel Européen.
Principales thématiques
Selon les souhaits de la Chancellerie allemande, le Sommet du G8-2007
aura pour thématique médiatique centrale les luttes contre le
réchauffement climatique et contre la pauvreté en Afrique.
Sur le changement climatique et les ressources énergétiques, il s’agit
d’un côté d’émettre des mesures afin de limiter la hausse mondiale de
la température à 2°C ; de l’autre, il s’agit de satisfaire l’accès aux
ressources énergétiques sur le long terme.
Sur l’Afrique, la bonne gouvernance, l’investissement de long terme, la
paix et la sécurité sont au menu. Un intérêt central sera porté aux
questions de la réduction de la pauvreté et du développement économique
de l’Afrique ainsi qu’à la thématique de la lutte contre le VIH, en
lien avec le renforcement des systèmes de santé.
L’agenda officiel complet, moins médiatisé, laisse entendre que les
politiques économiques occuperont une large place dans les discussions,
avec les préconisations que l’on connaît.
- la réduction des déséquilibres mondiaux, c’est-à-dire en fait les
questions soulevées par le déficit des Etats-Unis, les réserves
importantes en devises en Asie et la croissance insuffisante en Europe
et au Japon ;
- la transparence sur les marchés financiers ;
- la liberté d’investissement pour les acteurs économiques dans les
pays industrialisés comme dans les pays émergents ;
- le renforcement de la protection des inventions face au piratage,
c’est-à-dire le renforcement des droits de propriété intellectuelle et
des brevets.
Il faut noter que l’ordre du jour du G8 est susceptible de changements
jusqu’au dernier moment et dépend étroitement de l’agenda politique
international ainsi que des volontés du pays hôte.
Il faut aussi noter, comme nous l’avons vu, que les déclarations de
Bonne intention sont rarement suivies d’effet et que les thèmes «
photogéniques » développés officiellement ne débouchent généralement
sur rien de concret, ce qui fait que les thèmes annoncés pour le prochain
G8 doivent avant tout être perçus comme des thèmes sur lesquels nous
pouvons pointer le projecteur de nos contre-analyses. En somme, il
s’agit de profiter des sommets du G8 pour mettre en lumière l’échec des
politiques menées par ces mêmes G8 et développer des
contre-propositions.
Les mobilisations contre le G8 2007
Précisons que ce contre G8 « tombe » entre le 2e tour de la
présidentielle et le premier tour des législatives.
Les principales initiatives du contre-sommet :
- A partir de fin mai, donc en amont du contre-sommet, des Marches
contre la pauvreté, la précarité et les discriminations traverseront l’Europe.
Différents cortèges venant des 4 coins de l’Europe tiendront des
réunions dans les lieux d’étape et en allant auprès des acteurs engagés
localement dans des luttes et tous convergeront vers Rostock la veille
du Contre-sommet, le vendredi 1er juin.
- du vendredi 1er au vendredi 08 juin – des campements alternatifs se
tiendront aux abords de Rostock afin de servir de lieu logistique
d’organisation du contre-sommet [hébergement sous tente, cuisines
collectives, matériel divers, centres Indymédia, etc.] et de lieu de
débats, d’échanges d’informations et de préparation d’actions.
- samedi 2 juin – une grande manifestation dans l’après-midi, suivie
d’un concert, se déroulera à Rostock.
- dimanche 3 juin : Journée sur l’agriculture et Assemblée des
précaires et des sans
- lundi 4 juin : Journée sur la thématique des migrations, pour la
liberté de circulation et d’installation, pour des droits égaux pour
toutes et tous.
- mardi 5 juin : journée contre le militarisme et la guerre permanente.
- du mardi 5 juin (17h00) au jeudi 7 juin (13h00) – Sommet alternatif,
en parallèle du sommet officiel (qui se réunit lui du 6 au 8), dont les
principales thématiques devraient être la pauvreté, le climat,
l’architecture financière et économique internationale, la démocratie
et les migrations.
- le mercredi 6 juin – actions de blocage de la zone rouge afin
d’empêcher les délégations des Huit de rejoindre Heiligendamm pour
l’ouverture du Sommet officiel.
- le jeudi 7 juin – manifestation vers la zone rouge et concert final.
- le vendredi 8 juin - Journée sur le changement climatique
Outils
Un groupe de travail d’Attac France a mis au point divers outils.
- Une newsletter envoie régulièrement des informations (une à deux fois
par mois)
- Une liste de diffusion permet à toute personne le souhaitant de
recevoir des informations régulières [deux à quatre courriels par
semaine], le plus souvent en français, de l’état de préparation des
Sommet et Contre-sommet du G8.
- Une liste de travail permet de préparer les mobilisations.
Informations complètes : http://www.france.attac.org/r703
Sites internet en français :
http://www.france.attac.org/r703
http://anti-g8.effraie.org
Par le groupe de préparation
des mobilisations contre le G8 2007
d’Attac France.
(Extrait –informations complémentaires sur
http://france.attac.org/r703)
______________________________
2. - L’ORIGINE, LE G7 FINANCES
______________________________
La genèse du G8, qui va donner lieu à Heiligendamm, pour trente
deuxième
fois, à la réunion des Chefs d’états et de gouvernements des huit pays
[1] parmi les plus puissants [2] financièrement de la planète, vaut
d’être brièvement rappelée. Il faut se souvenir aussi que l’Union
Européenne [3] est, depuis le début, associée à l’aventure. On notera
enfin, en terme de puissance, que la Chine et l’Inde qui comptent, en
2004, 37 % de la population mondiale, ne sont pas invitées !
En 1973, le ministre des finances états-unien, George Shultz, «
convoque
» à Washington ses homologues, allemand, britannique et français pour
examiner que faire en face du « désordre » monétaire international qui
n’avait pas manqué de suivre l’abandon de l’étalon or comme référence
du
dollar [4]. La première décision que prend cet aréopage est de se
revoir
régulièrement, après que se joints à eux les ministre japonais, italien
et canadien, pour affirmer clairement qu’il s’agit bien du directoire
de
la planète. Le G7 Finances était né quelque deux ans avant le premier
Sommet de Rambouillet.
Cette filiation est tout sauf anodine, les affaires financières ne
pouvaient rester cantonner aux ministres des finances des Sept, ils
fallait qu’elle puissent être examinées, aussi, au niveau qu’il
convenait pour ne s’opposer, en rien, à la marche du monde capitaliste
;
les Sommets annuels affirment, en effet, n’obéir à aucune idéologie
mais
précisent, avec candeur ou cynisme total, que ses membres « sont unis
autour de certaines valeurs universelles, […] et de l’économie de
marché
».
Le G7 Finances réunit les ministres des finances des sept pays plus les
gouverneurs des banques centrales des pays concernés. S’agissant de
l’Union Européenne, le président de l’Eurogroupe (le président en
exercice de l’Union Européenne) et le gouverneur de la Banque centrale
européenne (BCE) participent aux rencontres. Elles ont lieu, au moins,
trois fois par an, avant les Sommets du G8, et lors de la réunion de
printemps des institutions financières internationales et celle
d’automne.
Le G8 ne se prétend Institution internationale, il note toutefois avec
la
fausse ingénuité qui lui va si bien, que « son rôle est toutefois réel
et important, parce qu’il a une forte capacité de concertation et
d’impulsion, particulièrement en matière économique, et qu’une bonne
entente entre les membres du G8 est indispensable au bon fonctionnement
des grandes organisations internationale. » [5]. Bien entendu, le G7
Finances, qui se cache derrière le G8, ne saurait revendiquer un statut
que celui-ci ne s’attribue pas. Cette « modestie » est un précieux
atout
pour qui souhaiterait travailler à l’abri du regard des citoyens. Il
est, par exemple, beaucoup plus aisé d’examiner les positions de la
Banque Mondiale sur tous les sujets, sans exception, qu’elle aborde.
Quand on capte, ici et là, les courts communiqués néanmoins publiés à
l’issue de chaque rencontre, on remarque que le G7, qui estime sans
doute qu’il n’a pas à afficher le « politiquement correct » du G8, qui
ne trompe personne bien entendu, est assez clair dans l’exposé de ses
souhaits qui deviennent des ordres dès qu’ils ont franchi, sans la
moindre difficulté, les portes du G8 et celles des gouvernements
concernés. Qu’on en juge sur quelques points seulement lors des toutes
dernières réunions.
- Les Objectifs du Millénaire qui constituent les miroirs aux alouettes
de toutes les rencontres internationales officielles. Le G7 nous
avertit
qu’aucun des objectifs ne sera atteint sans « l’ouverture du système du
commerce mondial » notamment en Afrique !
- Le développement économique ne peut passer que par « des politiques
pour la croissance économique, […] : des institutions et des politiques
saines, axées sur la responsabilisation et la transparence ; la
stabilité macroéconomique ; la transparence financière accrue
essentielle pour s’attaquer à la corruption, stimuler le développement
du secteur privé et attirer les investisseurs ; un cadre juridique
crédible ; et l’élimination des entraves à l’investissement privé,
qu’il
soit intérieur ou étranger ». Quid des paradis fiscaux en matière de
transparence financière ? Rien !
- L’aide aux pays pauvres exige « de manière substantielle l’accès aux
marchés pour les pays en développement [et] d’établir le calendrier de
l’élimination de toutes les mesures de soutien aux exportations qui
faussent le commerce dans le domaine de l’agriculture ». Le Mali ne
doit
pas soutenir les dizaines de milliers des familles qui vivent
chichement
de la culture du coton.
- S’agissant du Sida, on se dit qu’il est difficile de faire pire que
la
situation actuelle, il ne faut jamais désespérer s’agissant de « la
mise
au point et la production de vaccins contre le VIH, le paludisme et
d’autres maladies le G7 a demandé […] de consulter […] les
gouvernements
et l’industrie ». On sait la sollicitude de « l’industrie » en la
matière !
- L’ aide publique au développement (APD), « une augmentation
substantielle » sera nécessaire. Doux euphémisme quand on se souvient
qu’elle est, en moyenne mondiale, au quart environ de l’engagement des
années 1960 ! Mais ne désespérons pas puisque « des flux de capitaux
privés [seront] nécessaire pour aider les pays en développement à
atteindre les Objectifs du Millénaire ». Sans porter de jugement sur la
pertinence des investissements directs étrangers (IDE) quant au
développement, on peut néanmoins s’étonner que le G7 Finances ne semble
pas préoccupé par le fait que, en matière d’IDE, tout l’Afrique
sub-saharienne (y compris l’Afrique du Sud), ne représente en 2005 que
moins de 2 % du total mondial !
- On se souvient de la part prise par Attac dans la rédaction du
Rapport
Landau, alors quand on lit dans un communiqué du G7 Finances une
référence audit rapport, on regarde plein d’espoir. Las, la seule
mesure
à laquelle il est fait référence c’est précisément celle dont le
Rapport
disait, en termes diplomatiques, tout le mal qu’elle en pensait. Il
s’agit de la Facilité financière internationale imaginée par le
gouvernement britannique pour faire pièce à une fiscalité décidée au
plan internationale. Pensez donc, quelle aubaine, pour les marchés,
qu’une APD financée par … les marchés !
- Quand on remarque une mention pour un pays en particulier, on se fait
attentif, quand il s’agit du Nigéria, on devient gourmand, surtout quen
le G7 Finances nous avertit que « le Nigeria constitue la clé de la
prospérité sur l’ensemble du continent africain [et que le G7 se
réjouit] des progrès accomplis par le Nigeria en matière de réforme
économique, comme a permis de le déterminer le cadre de surveillance
intensifiée du FMI ». Que le taux de croissance par habitant de ce pays
qui, selon le PNUD [6], se situe au 159ème rang mondial, ne soit, sur
les trois dernières décennies, que de 0,2 % par an en moyenne, ne
semble
pas émouvoir les maîtres du monde. Pas davantage, d’ailleurs et entre
autres, que plus du tiers des revenus soit accaparé par les 10 % les
plus riches de la population pendant que les 10 % les plus pauvres
doivent s’en disputer moins de 2 %.
- Mais, soyons juste, le G7 Finance sait alerter le monde sur les
graves
questions de l’heure comme « le niveau élevé et soutenu des prix de
l’énergie [qui] est grandement préoccupant, étant donné qu’il nuit à la
croissance économique mondiale ». Que faire devant pareil péril ?
simple, « consolidation financière continue aux États Unis ;
approfondissement des réformes structurelles en Europe et en Russie ;
et
d’autres réformes structurelles, y compris la consolidation financière,
au Japon ». Bon sang, mais c’est bien sûr !
- Et, dans ce milieu anglophone, last but not least le G7 Finances a «
pris l’engagement d’intensifier les mesures visant à accroître
l’efficacité des efforts internationaux de lutte contre le financement
des activités terroristes ».
- Bon prince, le G7 admet que certains pays vont avoir du mal à
s’inscrire dans ce processus de progrès généralisé. Que faire ? C’est
simple, il suffit que les institutions financières internationales
fournissent « une aide supplémentaire pour se développer allez-vous
penser, vous n’y êtes pas, tout simplement pour « développer leur
capacité commerciale et faciliter le rajustement de leurs économies,
suivant une analyse systématique des coûts de transition, de façon
qu’ils puissent profiter de marchés plus ouverts ».
Mais soyons justes, le G7 Finances n’est pas sans influence sur le
directoire mondial, le G8, ! Qu’on en juge quand celui-ci affirme
benoîtement que sa première mission « est d’éviter une mésentente
politique et économique qui serait préjudiciable non seulement au G8
mais aussi au reste du monde » [7]. Il précise, pour bien marquer sa
sollicitude « Loin de ne s’intéresser qu’à l’évolution de la croissance
des pays qui le composent ou à la résolution de ses propres problèmes,
le G8 traite depuis de nombreuses années de questions qui touchent
directement les pays en développement ». Mais alors, est-on en droit de
demander, pourquoi de tels résultats ?
On ne reprendra pas ici la longue liste des statistiques accusatrices,
on
ne redira pas les 1 300 millions d’êtres humains vivant avec moins d’un
euro par jour, pas davantage d’ailleurs que ne seront contestés les
progrès enregistrés partout, depuis la fin de seconde guerre mondiale,
en matière de santé, d’espérance de vie ou d’éducation. On remarquera
cependant que ces progrès sont moins rapides ces deux dernières
décennies, celles précisément du néolibéralisme, et surtout qu’ils
s’appliquent de façon de plus en plus inégalitaire.
Sur le seul critère de croissance, que le G8 considère comme central,
les
résultats sont, pour le moins, particulièrement éclairants. L’écart
entre la croissance des produits intérieurs bruts (PIB) et celle des
PIB
par habitant est, souvent, considérable. Pour l’Afrique sub-saharienne,
il est dramatique puisque, sur la période 1975-2004 c’est une chute de
0,6 % [8] ! A quoi pourrait bien servir la bienveillante vigilance du
G8
si ce n’est à veiller à l’amélioration du sort des populations ?
Quels sont les résultats de la sollicitude du G8 pour les pays du Sud ?
Dans cinq domaines réputés essentiels, aux dires du G8, les résultats
sont désastreux.
Le Sida fait les ravages que l’on sait, tout particulièrement en
Afrique
sub-saharienne. Sa prévention et son traitement ont fait des progrès
considérables. Le G8 est fier d’être à l’origine [9] de la création du
Fonds mondial contre le sida, le paludisme et la tuberculose. Les
progrès sont, cependant, souvent inaccessibles aux pays du Sud. Or
aucune avancée n’a eu lieu quant aux médicaments génériques alors qu’il
est patent que le coût de traitement est un élément essentiel dans la
lutte contre le virus. De la même manière, les réseaux de soins ne sont
pas mis en place ou vont se détériorant. On pourrait, malheureusement,
émettre le même constat effrayé à propos du paludisme et la
tuberculose.
La dette est une entrave considérable au développement. Le G8 en est
parfaitement conscient et s’enorgueillit d’être à l’origine de
l’initiative PPTE [10] qui vise, selon ses promoteurs, « à rétablir la
solvabilité des pays bénéficiaires ». Mais que sont les 2 500 milliards
de dollars de dette de la totalité des pays du Sud auprès des 60 000
milliards de dette mondiale ? Comment ce même Sud peut-il supporter 380
milliards de service annuel de sa dette alors que l’aide publique au
développement est sept fois moins élevée ? Pourquoi le Mexique,
désormais pourtant membre de l’ALENA, voit-il sa dette passer de 4,3 %
de son PIB en 1990 à 7,6 % en 2004 ? Le G8 ne répond pas à ces
questions
qui sont, pourtant, les seules qui vaillent.
Les échanges continuent d’être, pour ces messieurs, la pierre
philosophale qui devrait répondre aux questions liées au développement.
Le directoire mondial a tout lieu de se réjouir. Les chiffres sont
impressionnants [11]. Entre 2003 et 2005 seulement, le total des
importations et des exportations est passé de 9 000 milliards de
dollars
à 12 000 environ pour représenter plus du tiers du PIB mondial. Tout
devrait donc aller au mieux dans ce monde merveilleux !
La corruption a été, à juste titre, dénoncée par le G8. Mais peut-il
être
véritablement crédible dans ce domaine alors qu’il ne prend aucune
décision à propos de ce qui est communément appelé les paradis fiscaux
?
Tous les experts les dénoncent pourtant sans ambiguïté comme étant le
vecteur principal de ladite corruption.
Enfin le G8 demande aux entreprises d’adopter une attitude responsable
en
matière sociale. Cette requête est d’autant plus fondée que les plus
grandes entreprises mondiales ressortissent des pays qui composent le
G8. On sait en effet [12] que les cent premières transnationales non
financières présentent en 2004 un total d’avoirs de près de 9 000
milliards de dollars (contre moins de 6 000 en 2001). Pour les
cinquante
premières transnationales financières, il s’agit de près de 34 000
milliards ! Rappelons que le PIB mondial, la même année était de 40 000
milliards de dollars. Est-il techniquement si difficile de contrôler
150
firmes ? Mais pour que les engagements pris soient respectés, encore
faudrait-il que soient fixées des règles impératives et les sanctions
dans l’hypothèse où elles ne le seraient pas. On sait, par exemple, que
les recommandations de Global Compact [13], n’ont aucune valeur
contraignante pour ses adhérents.
Oui, vraiment la G8 et son appendice, et géniteur, le G7 sont
profondément illégitimes et néfastes.
Par Jacques Cossart, membre du Conseil scientifique d’Attac
Notes :
[1] Le G6 initial était constitué de l’Allemagne, les Etats-unis , la
Grande Bretagne, la France, l’Italie et le Japon puis a été ajouté, dès
1976 le Canada pour former le G7 devenu le G8 après l’arrivée de la
Russie en 1997
[2] En 2004, le PIB des sept pays du G7 représentaient plus de 62 % du
total mondial.
[3] A l’époque, il s’agissait de le Communauté Economique Européenne.
L’UE est représentée par le président de la Commission et par le
président en exercice de l’Union.
[4] Richard Nixon décida unilatéralement le 15 août 1971 d’abandonner
la
convertibilité du dollar en or qui, jusque là, était fixée à 35 $
l’once
d’or.
[5] Site officiel du G8 présenté par la France, présidente pour 2003
[6] Rapport mondial sur le développement humain, PNUD, 2006
[7] Site français du G8.
[8] Rapport PNUD, op. cit
[9] Sommet de Gènes, 2001.
[10] Pays pauvres très endettés, initiative adoptée au Sommet de Lyon
en
1996.
[11] Rapport CNUCED 2006
[12] Rapport CNUCED 2006
[13] Organisme créé sur initiative de l’ONU et rassemblant plusieurs
centaines d’entreprises à travers le Monde.
______________________________
3.- NE FINANCEZ PLUS LA PAUVRETE !
______________________________
Un appel lancé aux gouvernements européens pour une reforme de la
Banque
mondiale, 14 mars 2007
Au rythme actuel, la communauté internationale n’atteindra pas les
Objectifs du millénaire pour le développement d’ici à 2015. La Banque
mondiale, la plus grande instance de développement au monde, porte une
large part de responsabilité dans cet échec. La Banque mondiale a
imposé
un modèle de développement qui a mené de nombreux pays dans une
impasse.
Elle a compromis la capacité des pays à déterminer leurs propres
stratégies de développement et contribué, dans bien des cas, à
l’aggravation de la pauvreté et à la dégradation de l’environnement
dans
les pays les plus pauvres au monde.
Des conditions de politique économique néfastes
La Banque mondiale continue de conditionner ses prêts aux pays en
développement au respect de prescriptions de politique économique
censées favoriser la croissance. Ces modalités, qui ont bien souvent
aggravé la situation, laissent peu d’opportunités aux pays de définir
des politiques qu’ils jugent les mieux adaptées pour réduire la
pauvreté. La Banque mondiale doit cesser de lier l’octroi de ses
financements à la mise en place de politiques économiques, telles que
la
privatisation, la libéralisation, ou le plafonnement des dépenses
publiques en matière de santé et d’éducation. Elle devrait plutôt
permettre aux pays de faire leurs propres choix de politique.
Le financement des énergies fossiles
Face à l’urgence du changement climatique, il faut agir avant qu’il ne
soit trop tard. Dès à présent, les plus touchées sont les populations
les plus pauvres. La Banque mondiale reste l’un des principaux
bailleurs
publics finançant le développement des énergies fossiles, alors que ces
combustibles contribuent lourdement au réchauffement climatique et
profitent principalement aux pays et multinationales du Nord. La Banque
mondiale devrait dès aujourd’hui supprimer progressivement ses
financements aux énergies fossiles et son soutien à l’exploitation
pétrolière. A la place, elle devrait accroître considérablement son
appui à l’essor des énergies renouvelables et à l’efficacité
énergétique.
Les gouvernements européens peuvent changer la donne
Les gouvernements d’Europe sont principaux pourvoyeurs d’aide au monde,
et également les principaux contributeurs aux fonds de la Banque
mondiale. Ils sont par ailleurs largement représentés au conseil de
l’organisation. En 2007, les actionnaires de la Banque mondiale, parmi
lesquels les gouvernements européens, renégocient le montant de leurs
apports financiers. Nous incitons les gouvernements d’Europe à utiliser
ces contributions pour amorcer des réformes à la Banque mondiale lors
de
la phase de reconstitution des ressources, afin de s’assurer que la
Banque est un organisme qui agit dans l’intérêt des plus démunis. Si la
Banque n’abandonne pas le recours aux conditions de politique
économique
et continue d’encourager les énergies fossiles, ces gouvernements
doivent alors envisager rediriger leurs financements via d’autres
canaux, respectant les priorités nationales et disposant des mesures
nécessaires pour répondre aux enjeux du changement climatique.
Un appel à une action immédiate
Les gouvernements européens doivent agir maintenant. Nous lançons un
appel aux organisations de sociétés civiles, aux syndicats, aux groupes
religieux et aux acteurs économiques européens afin qu’ils joignent
leurs voix à la nôtre. Le moment est venu de remettre en question le
rôle et la politique de la Banque mondiale et de les modifier en
profondeur. Un tel changement ne peut attendre.
Signatures :
- 1, Attac Suède, Suède
- 2, Emmaus Björkå Association, Suède
- 3, International Rivers Network, Allemagne
- 4, Alliance Sud, Suisse
- 5, Forest Peoples Programme, Royaume-Uni
- 6, ActionAid International, International
- 7, Jubilee Debt Campaign, Royaume-Uni
- 8, A Seed Europe , Pays-Bas
- 9, Service Center for Development Cooperation, Finlande
- 10, Corporate Europe Observatory, Pays-Bas
- 11, CRBM/Manitese, Italie
- 12, CNCD, Belgique
- 13, Plan B, Royaume-Uni
- 14, People and Planet, Royaume-Uni
- 15, Afrika-Europa Netwerk, Pays-Bas
- 16, Ecologistas en Acción, Espagne
- 17, Greenpeace International, Pays-Bas
- 18, The GATS Platform, Pays-Bas
- 19, Friends of the Earth - CEPA , Slovaquie
- 20, Friends of the Earth - France, France
- 21, Diakonia, Suède
- 22, CADTM, Belgique
- 23, Friends of the Earth - Hongrie, Hongrie
- 24, Christian Council of Suède, Suède
- 25, War on Want, Royaume-Uni
- 26, Friends of the Earth - Malte, Malte
- 27, Bretton Woods Project, Royaume-Uni
- 28, FIVAS, Norvège
- 29, Umanotera / Slovénien Foundation for Sustainable Development,
Slovénie
- 30, Secretariat del Fòrum UBUNTU, Espagne
- 31, CCFD, France
- 32, Changemaker, Norvège
- 33, SLUG, Norvège
- 34, Norwegian Church Aid, Norvège
- 35, Friends of the Earth - Finlande, Finlande
- 36, Amici della Terra/Friends of the Earth - Italie, Italie
- 37, Forum Syd, Suède
- 38, Arci, Italie
- 39, Legambiente, Italie
- 40, FAIR, Italie
- 41, Campagna Sdebitarsi, Italie
- 42, CNCA, Italie
- 43, WWF Italie, Italie
- 44, FOCSIV, Italie
- 45, Lunaria, Italie
- 46, VIS, Italie
- 47, Centro Nuovo Modello di Sviluppo, Italie
- 48, Intersos, Italie
- 49, Armadilla onlus, Italie
- 50, CINI – Coordinamento Italiano Network Internazionali, Italie
- 51, Coop. Soc. Commercio Equo e Solidale, Italie
- 52, Associazione Italia Nicaragua, Italie
- 53, IDSE , Italie
- 54, CIPSI, Italie
- 55, ACLI, Italie
- 56, Spire, Norvège
- 57, Urgewald, Allemagne
- 58, CISL, Italie
- 59, Medici per l’Ambiente –ISDE Italia, Italie
- 60, Eurodad, Europe
- 61, WEED, Allemagne
- 62, Christian Aid UK, Royaume-Uni
- 63, Christian Aid Irlande, Irlande
- 64, Observatori del Deute en la Globalització, Espagne
- 65, Vision du Monde – France, France.
- 66, World Vision - UK, Royaume-Uni.
- 67, EED, Allemagne
- 68, Milieudefensie/Friends of the Earth - Pays-Bas, Pays-Bas
- 69, CEE Bankwatch Network, Europe
______________________________
4.- A L'OCCASION DU G8 2007, MARCHONS ENSEMBLE POUR NOS DROITS !
______________________________
Le Sommet des huit grandes puissances mondiales (Allemagne, Canada,
Etats-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni et Russie) se tiendra du
6 au 8 juin dans la petite station balnéaire allemande de Heiligendamm,
située sur la mer Baltique à une trentaine de kilomètres à l'ouest de
Rostock. Les mobilisations s'organisent d'ores et déjà partout en
Europe.
Unis pour faire avancer la précarité...
Depuis leur instauration en 1975 et afin de faire face à la crise
économique internationale, les sommets du G8 sont rapidement devenus un
des piliers de la « nouvelle gouvernance mondiale ». C'est dans le
cadre de ces réunions que sont abordés, en dehors de tout regard
démocratique, les sujets importants concernant la marche du monde : des
plans d'ajustements structurels à la libéralisation des marchés en
passant par la lutte contre le terrorisme et le changement climatique.
Le G8, sans toutefois se prétendre « institution internationale », note
tout de même sur son site internet que « son rôle est réel et
important,
parce qu'il a une forte capacité de concertation et d'impulsion,
particulièrement en matière économique, et qu'une bonne entente entre
les membres du G8 est indispensable au bon fonctionnement des grandes
organisations internationales », entendant par là, le FMI, la Banque
mondiale ou l'OMC. La « bonne entente » entre les principales
puissances commerciales et militaires n'est bien évidemment pas
gratuite. On se souvient encore très bien comment le « G1 », incarné
par
George W. Bush, lors du sommet d'Evian en 2003 et juste après le
déclenchement de la guerre en Irak, avait aligné les pays
récalcitrants,
dont la France, en ouvrant le marchandage sur la question de la
reconstruction de l'Irak. Ce « cadre unitaire » était alors nécessaire
pour accélérer l'ouverture du marché mondial négociée dans le cadre
d'accords commerciaux avec les pays du Sud. Alors que les conséquences
des politiques issues de cette « bonne entente » sont connues de
tou-te-s : destruction de l'agriculture vivrière, privatisations des
infrastructures, chômage de masse, le G8 propose toujours les mêmes
recettes comme solution à cette paupérisation : plus d'ouverture des
marchés, plus de libéralisations. Ainsi, le G8 annonçait officiellement
en 2005 le soutien aux « Objectifs du Millénaire » contre la pauvreté,
ajoutant toutefois, qu'aucun des objectifs ne serait atteint sans «
l'ouverture au système du commerce mondial » !
..dans le pays de « l'union sacrée » contre les salarié-e-s
Dans un contexte nettement plus mitigé, marqué cette année non
seulement
par l'échec des négociations commerciales à l'OMC, mais aussi par
l'enlisement de plus en plus visible de l'occupation états-unienne en
Irak, la chancelière allemande Angela Merkel a annoncé que la
thématique
centrale du G8 2007 serait liée aux aspects climatiques. Pourtant, les
sujets concrètement abordés seront la croissance mondiale, la stabilité
financière, la propriété intellectuelle et la liberté d'investissement.
Quoi qu'il en soit, on peut s'attendre à ce que les « impulsions en
matière économique » du G8 pénaliseront non seulement davantage les
pays
du Sud, mais renforceront également la pression sur les salarié-e-s du
Nord. Dumping social, démantèlement du droit du travail,
discriminations
des immigré-e-s, destructions d'emplois - autant de politiques visant à
vider ce qui reste des systèmes de protection sociale et à baisser les
coûts du travail de l'ensemble des salarié-e-s. Un résultat tangible
est qu'aujourd'hui, dans l'Union européenne, un salaire à plein temps
ne suffit plus à une famille, en effet 35 % des ménages les plus
pauvres
sont composés d'au moins une personne qui travaille à plein temps.
De ce point de vue, il est significatif de souligner que le G8 aura
lieu
dans un pays qui a vécu - sous un gouvernement rouge-vert d'abord,
rouge-noir ensuite - des attaques sans précédent contre les droits des
salarié-e-s et des chômeurs-ses et la mise au pas brutale des
populations précarisées (les « réformes sociales » Hartz IV). A travers
des « réformes » de l'assurance-chômage ou de l'assistance sociale qui
instaurent de nouvelles formes de travail forcé, ce gouvernement exige,
aujourd'hui, d'un demi-million de chômeurs-ses et de personnes à
l'assistance, qu'ils et elles changent d'habitation sous prétexte que
celles-ci sont jugées trop luxueuses selon les nouveaux barèmes…
Le mouvement social européen en besoin d'unité
En l'absence de Forum social européen en 2007, les mobilisations contre
le G8 seront la seule occasion pour le mouvement social européen de
travailler ensemble, dans un contexte politique européen où Angela
Merkel, sous la présidence de laquelle est l'Union européenne lors du
premier semestre 2007, souhaite relancer le projet de Traité
constitutionnel européen. Ainsi, dans plusieurs pays, différentes
initiatives sont d'ores et déjà en préparation.
L'initiative la plus importante est certainement l'organisation des «
Marches européennes contre la précarité et l'exclusion ». Comme en
1997, ces Marches visent à dénoncer la réalité brutale de la
restructuration néolibérale du marché du travail européen :
l'augmentation exponentielle du chômage, la sous-traitance en cascades
avec l'envoi de travailleurs détachés, le dumping social généralisé, la
criminalisation des plus précaires et le durcissement de la politique
migratoire qui, plus que jamais, trie, contrôle et distingue les
immigré-e-s selon les besoins du marché du travail. Les « marcheuses et
marcheurs » traverseront ainsi l'Europe en différents cortèges, et
convergeront vers Rostock à la veille de la grande manifestation,
vendredi 1er juin.
En Suisse, les marches sont organisées par une large coalition de
forces,
coordonnées notamment par Attac, le syndicat Unia et différents
associations d'immigré-e-s et de chômeuses-eurs. Les mobilisations
débuteront par une manifestation sur les quais à Genève et une grande
fête le soir du 19 mai. Puis la marche à proprement parler, partira le
20 mai devant l'OMC à Genève afin de montrer le lien entre ouverture
des marchés, désindustrialisation, destruction de la paysannerie et
chômage de masse. La prochaine étape prévue est Nyon, puis Renens le
22,
Lausanne le 23, Fribourg le 24, Berne le 25 et finalement Bâle le
26mai.
Chaque étape sera marquée par un événement lié aux thématiques
principales de la marche : la migration et la précarité. Bien que les
étapes soient encore en cours d'organisation, certains événements sont
déjà prévus : la thématique du droit des travailleuses-eurs sera au
cœur
des mobilisations genevoises, Nyon organisera une soirée et une
exposition sur la question de la précarité chez les travailleuses-eurs
agricoles, une pièce de théâtre de Dario Fo sera présentée à Renens,
alors que la précarité des jeunes sera thématisée à Lausanne à travers
une slam. Précaires parmi les précaires, subissant les situations les
plus délicates et les plus dégradantes ; peur du renvoi et de la
répression, travail au noir, conditions de travail innommables, les
sans-papiers seront au centre des mobilisations à Fribourg. A Berne, un
film sur la dégradation des conditions de vie et l'augmentation de la
pauvreté en Suisse sera projeté sur la place fédérale, et finalement,
la
libre-circulation et la migration seront au centre de l'événement
bâlois avec la traversée symbolique de la frontière germano-suisse.
L'enjeu dépasse la seule mobilisation contre le G8 : il s'agit, à
travers un travail de mobilisation commun, de protester contre la
soumission des salarié-e-s aux lois du libre-échange, de montrer les
liens entre précarisation du travail et des conditions de vie et
néolibéralisme. Finalement il s'agit de se réapproprier les « questions
sociales » (…) et de reconstituer peu à peu les liens de solidarité
détruits par les politiques néolibérales. Cette réappropriation est la
condition préalable à la construction de tout autre monde possible.
Par Alessandro Pelizzari, Florence Proton, Attac Suisse. (Texte publié
dans le numéro 38 du mensuel d'Attac Suisse « Angles d'Attac »)
______________________________
5.- LE CLIMAT, ARME DE PROPAGANDE POUR MERKEL
______________________________
Brusquement tout le monde parle du climat, en particulier la
Chancelière.
Un moyen d’escamoter les conflits sociaux lors des discussions de
l’Union européenne et du G8. La protection du climat ne peut toutefois
se concevoir sans justice.
L’Union européenne traverse une profonde crise. Un grand nombre de gens
sont mécontents de l’insécurité sociale, des emplois précaires, de la
montée de la pauvreté et des inégalités. Et voici que l’Union
européenne
se découvre un nouveau fondement de leur identité commune : la
préservation du climat. Angela Merkel est revenue rayonnante du Sommet
européen ; elle avait gagné. Deux objectifs à réaliser d’ici 2020 lui
ont valu un succès dans l’opinion publique allemande : réduction de 20%
des émissions de CO2, part des énergies renouvelables dans l’énergie
totale de l’Union portée à 20%. Le pape du solaire, Franz Alt, jubile :
« L‘Europe des 27, en quête de sens, peut devenir dans le monde le
moteur du tournant en faveur de l’énergie solaire. La percée des
énergies renouvelables et l’espoir d’un tournant vers le solaire
porteront désormais un nouveau nom : Angela Merkel ».
Ce projet européen doit lui permettre, lorsqu’elle accueillera à
Heiligendamm le sommet du G8, d’imposer la mise à l’ordre du jour du
changement climatique. Au cours du week-end, les ministres de
l’environnement des pays du G8 se sont rencontrés à Postdam dans cette
optique, avec peu de résultats. Le G8 rencontre des problèmes analogues
à ceux de l’Union européenne. Il existe d’énormes tensions politiques
entre les Etats membres et les résultats anti-sociaux de leurs
politiques néolibérales sont de moins en moins bien acceptés. On s’en
aperçoit déjà à l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) et au Fonds
Monétaire International (FMI), tous deux largement dominés par les pays
du G8. Les négociations de l’OMC ne progressent pas car les pays en
développement revendiquent un accord juste et les pays industrialisés
ne
parviennent plus à leur imposer un politique conforme à leurs intérêts.
Et presque aucun pays en développement ne veut plus accepter les
crédits
empoisonnés du FMI. La contestation menée depuis des années par les
mouvements altermondialistes conjointement avec quelques pays en
développement a grippé l’outil de pouvoir des pays industrialisés. Le
G8
est devenu partout dans le monde le symbole d’une politique néolibérale
destructrice.
Toutefois, il faut exiger même d’une institution aussi délégitimée que
le
G8 qu’elle s’attaque au problème du changement climatique. Face à la
crise actuelle, il faut être cynique ou suicidaire pour refuser le
moindre fétu de paille auquel se raccrocher. C’est dans la ligne d’une
vieille tradition de la gauche elle-même : on a certes toujours haï les
capitalistes, mais il va de soi qu’on exigeait d’eux l’amélioration des
conditions de travail. Il est légitime d’adresser des revendications
légitimes même à une institution qui ne l’est pas.
On peut toutefois douter qu’une politique climatique efficace soit
compatible avec la politique menée par le G8. C’est avant tout une
question de crédibilité. Pendant que Merkel déclare vouloir œuvrer à la
protection internationale du climat, elle mène dans son pays une
politique réactionnaire et dans l’Union européenne, défend les intérêts
à court terme d’une industrie allemande polluante. En Allemagne, il n’y
a pas de limitation de vitesse sur les routes. Quand l’Europe veut
imposer aux voitures particulières des normes sévères relatives à
l’émission de CO2, Berlin est la première à mettre des bâtons dans les
roues. L’Allemagne projette de construire 6 nouvelles centrales au
lignite et 17 à l’anthracite. Le trafic aérien est subventionné, la
construction de nouveaux aéroports et de nouvelles pistes
d’atterrissage
bénéficie des soutiens publics. Le rail (le moyen de transport motorisé
le plus respectueux de l’environnement), au lieu d’être largement
développé, est promis aux mains des investisseurs privés. La volonté
politique en faveur d’une recherche conséquente d’un accroissement de
l’efficacité énergétique ainsi que du développement des énergies
renouvelables a fait défaut depuis des années. L’Europe non plus
n’atteindra probablement pas les objectifs de Kyoto, par lesquels elle
s’était engagée à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 8%
par rapport à leur niveau de 1990. En outre, et contrairement aux
accords internationaux, les pays ne réduiront pas leurs propres
émissions, mais financeront des mesures de protection du climat dans
les
pays du tiers monde. Si les pays industrialisés ne montrent pas
l’exemple, il est difficile de demander aux pays émergents et en
développement de consentir des efforts importants en matière de
protection du climat.
Mais les plus grandes contradictions résident dans la compatibilité
entre
la mondialisation néolibérale et une politique efficace de protection
du
climat. L’ouverture du marché mondial des capitaux et des marchandises
conduite à un accroissement constant des inégalités des dégradations
environnementales. Une politique climatique internationale ne peut
réussir si elle n’est pas assortie d’un contrôle démocratique et social
de la mondialisation. Trois exemples illustrent ce propos :
Premièrement, ce sont les pays émergents et en développement qui
souffrent le plus des effets du changement climatique. Selon le
principe
du pollueur-payeur ce sont les pays industrialisés qui devraient
prendre
en charge les immenses dommages déjà causés. Les flux de réfugiés, les
sécheresses et les inondations nécessitent d’énormes efforts
financiers. Au lieu de demander aux pays en développement de rembourser
leur dette, qui s’élève au total à deux mille milliards de dollars, il
faudrait l’annuler et accroître massivement l’aide au développement.
Deuxièmement, les pays en développement ou émergents ont besoin
d’accéder
à des technologies efficaces. Pour répandre rapidement les innovations
prometteuses il est décisif de permettre aux pays en développement et
émergents de s’en emparer et d’en poursuivre eux-mêmes le
développement.
Pour cela les droits de propriété intellectuelle devraient être
limités,
mais dans une manière qui favorise l’innovation, et les technologies
clefs transférées dans les pays en développement. C’est exactement le
contraire de la position que prendra Angela Merkel au sommet du G8 :
elle a demandé une application stricte des brevets à l’échelon
planétaire. Comme les médicaments ou les semences, les technologies
visant à ménager les ressources naturelles sont nécessaires à notre
survie et devraient être très largement mises gratuitement à la
disposition des pays en voie de développement ou émergents.
Troisièmement, la protection du climat dans les pays industrialisés
n’est
possible qu’au prix d’un changement des orientations sociales. D’ici
2050, les émissions de CO2 doivent être réduites de 80%, si l’on veut
d’éviter les effets les plus graves du changement climatique. Cet
objectif pourrait générer de nouveaux emplois et un développement
économique. Dans le même temps, de nombreuses personnes devront
s’adapter. Un changement de cette ampleur exige, pour être accepté, des
garanties de protection sociale incompatibles avec une politique de
l’emploi néolibérale à la Hartz IV et des retraites misérables. De la
même façon, il est difficilement concevable de concilier des
différences
croissantes entre les riches et les pauvres avec une politique
exigeante
de protection du climat. Les prix de l’énergie, en hausse, donneront
une
nouvelle dimension à la fracture sociale. Les uns pourront continuer à
s’offrir des voyages en avion et des limousines de luxe pendant que les
autres peineront à payer leur facture de chauffage. Il est peu
vraisemblable qu’une telle situation soit acceptée. Protection du
climat
et justice sociale vont de pair.
La politique climatique est donc bien plus qu’une politique
environnementale. Elle pose des questions de fond sur la justice,
auxquelles les gouvernements n’ont jamais fourni de réponses sans une
forte pression publique. Mouvements sociaux, organisations non
gouvernementales et syndicats sont appelés à Heiligendamm pour initier
cette pression.
Par Sven Giegold, Attac Allemagne (Traduction par: Cariole Collinet et
Michèle Mialane, coorditrad)
______________________________
6.- APPEL AUX CANDIDATS A L’ELECTION PRESIDENTIELLE FRANÇAISE ET AUX
LEADERS DU G8 SUR LA DETTE ILLEGITIME
______________________________
Nous souhaitons attirer l’attention sur le caractère odieux et
illégitime
d’une grande partie de la dette des pays du Sud.
Les coûts humain, écologique et politique considérables du
remboursement
de la dette extérieure constituent, depuis longtemps, un sujet de
préoccupation pour beaucoup d’entre nous. Malgré l’annulation partielle
de la dette de certains pays pauvres – accordée par le G8 en 1999 et
2005, de nombreux pays lourdement endettés restent exclus de toute
mesure et continuent à consacrer une part importante de leur budget au
service de la dette.
En outre, les accords intervenus à ce jour n’ont pas pris en compte la
nature illégitime et odieuse de la majorité de ces dettes [1]. Les
créanciers du Nord continuent à recouvrer des créances auxquelles ils
devraient renoncer, car elles ont été contractées au mépris du principe
de libre consentement au contrat et ont abouti à des violations des
droits humains fondamentaux. Le peuple indonésien rembourse aujourd’hui
des prêts contractés par le despotique Général Suharto, les populations
pauvres de la République Démocratique du Congo paient la dette léguée
par le « kleptocrate » Mobutu Sese Seko et les Sud-Africains continuent
à rembourser des prêts hérités du régime de l’Apartheid. Et ce ne sont
là que quelques exemples.
Les gouvernements des pays créditeurs doivent admettre que la dette
n’est
pas qu’une cause ou qu’un symptôme de la pauvreté. Elle est avant tout
la conséquence d’une politique de prêt irresponsable, répondant à des
motivations essentiellement politiques ; elle résulte de crédits
octroyés à des gouvernements corrompus ou dictatoriaux pour acheter
leur
allégeance ou garantir des contrats commerciaux aux entreprises des
pays
prêteurs. Dans de nombreux cas, des montants considérables ont été
détournés par des régimes oppressifs que les créanciers savaient
corrompus, les prêts octroyés ont financé des « éléphants blancs » et
les termes des contrats se sont avérés biaisés. Nous condamnons la
double peine ainsi imposée aux pays du Sud, contraints de rembourser,
au
prix de nombreuses vies humaines, des dettes dont ils n’ont tiré aucun
bénéfice.
L’initiative prise par le gouvernement norvégien, en octobre dernier,
d’annuler certaines dettes en reconnaissant leurs conséquences néfastes
sur les populations, montre que les créanciers peuvent faire face à
leurs erreurs passées et en assumer les coûts [2].
Il manque, à ce jour, un mécanisme qui distingue les créances légitimes
des créances illégitimes détenues envers des pays débiteurs. Faute de
pouvoir dénoncer les contrats irresponsables, l’architecture financière
internationale encourage la pérennisation de telles pratiques, puisque
les créanciers sont sûrs d’être remboursés. Cette situation renforce
l’instabilité mondiale, identifiée par le G8 comme une des priorités
pour 2007. La Banque Mondiale et le FMI ont également mis en garde
contre les risques d’un retour au surendettement pour les pays ayant
récemment bénéficié d’allègements de dettes. Ce constat témoigne du
besoin urgent de développer un système au sein duquel créanciers et
débiteurs sont mutuellement tenus de rendre des comptes.
En amont du sommet du G8 d’Heiligendamm (Allemagne) en juin prochain,
nous exhortons les pays créditeurs à mettre la question de la dette
odieuse et illégitime à l’ordre du jour et à sérieusement réexaminer
les
créances qu’ils détiennent sur les pays du Sud, à travers la
réalisation
d’audits parlementaires publics. Une telle avancée serait un pas
important vers la justice pour des populations et des pays qui
souffrent
d’une dette contractée contre leurs intérêts et en contradiction avec
les droits humains et les valeurs fondamentales de la communauté
internationale.
Notes :
[1] La doctrine de la dette odieuse a été formulée par le juriste russe
Alexander Sack en 1927. Selon cette doctrine, une dette est considérée
comme odieuse et donc nulle et non avenue si 3 critères sont réunis :
1/
absence de consentement de la population (par ex. parce que le régime
est despotique) ; 2/ absence de bénéfice ; 3/ connaissance par les
créanciers des conditions de l’emprunt.
[2] La Norvège a annulé 80 millions de dollars US de dettes dues par
l’Equateur, l’Egypte, la Jamaïque, le Pérou et la Sierra Leone,
reconnaissant « une responsabilité partagée » dans la constitution de
ces dettes.
Signataires :
- Dr. Muhammad Abdul Bari, Secrétaire Général du Conseil Musulman de
Grande-Bretagne
- Rabbi Dr Tony Bayfield, Chef du Movement for Reform Judaism,
Royaume-Uni
- Noam Chomsky, Linguiste, Etats-Unis
- Giovanni Conso, Ancien ministre de la Justice italien
- Révérend David Deeks, Secrétaire Général de l’Eglise Méthodiste,
Royaume-Uni
- Dario Fo, Prix Nobel de littérature
- Monseigneur Gaillot, Evêque français de Partenia
- Susan George, Ecrivain & Présidente du conseil du Transnational
Institute (Amsterdam, Pays-Bas)
- Noreena Hertz, Economiste, Université de Cambridge
- Stéphane Hessel, ancien Ambassadeur de France
- Ervin Laszlo, Président du Club de Budapest, Hongrie
- Kjell Magne Bondevik, Président du Oslo Center for peace and Human
rights, Ancien premier ministre (Norvège)
- Federico Mayor Zaragoza, Ancien directeur de l’UNESCO, Espagne
- Monseigneur Portella Mbuyu Louis, Evêque de Kinkala, Congo
Brazzaville
- Danielle Mitterrand, Présidente de France Libertés
- Bhai Sahib Mohinder Singh, Chairperson, Guru Nanak Nishkam Sewak
Jatha
(Birmingham, RU)
- Adolfo Perez Esquivel, Prix Nobel de la Paix, Argentine
- Harold Pinter, Dramaturge, Prix Nobel de Littérature, Royaume Uni
- Jan Pronk, Professeur, Institut des Etudes Sociales (The Hague),
Ancien
représentant spécial du Secrétaire Général de l’ONU au Soudan
- Rabbi Danny Rich, Chief Executive of Liberal Judaism, Royaume-Uni
- Vandana Shiva, Ecologiste et physicienne, Inde
- Hanne Stinson, Secrétaire exécutive de la British Humanist
Association,
RU
- Aminata Traoré, Ecrivain, ancien ministre de la Culture (Mali)
- Archevêque Desmond Tutu, Prix Nobel de la Paix, Afrique du Sud
- Michel Warschawski, Président du Alternative Information Center,
Israël
- Jean Ziegler, Ecrivain, Suisse
______________________________
7.- PROPOSITION DE RESOLUTION SUR L'ANNULATION DE LA DETTE DES PAYS LES
MOINS AVANCES
______________________________
SENAT DE Belgique
Session de 2006-2007
27 mars 2007
TEXTE ADOPTÉ PAR LA COMMISSION DES RELATIONS EXTÉRIEURES ET DE LA
DÉFENSE
Voir :
Documents du Sénat :
3-1507 - 2005-2006
- N° 1 : Proposition de résolution de Mme Zrihen et M. Galand.
3-1507 - 2006-2007
- N° 3 : Avis émis par la commission spéciale.
- N° 4 : Amendements
- N°5 : Rapport
Voir aussi :
Documents du Sénat
3-875 – 2004-2005
- N° 1 : Proposition de résolution de Mme Sabine de Bethune et
consorts.
3-875 – 2005-2006
3-875 – 2006-2007
- N° 2 : Rapport fait au nom de la commission spéciale.
- N° 3 : Avis émis par la commission spéciale.
LE SÉNAT,
A) Rappelant l'Accord de gouvernement de juillet 2003 qui prévoit qu' «
une aide spécifique sera apportée à la remise de la dette des pays les
moins avancés, par le biais d'un assouplissement et d'une extension du
mécanisme HIPC (Highly Indebted Poor Countries); le gouvernement
accordera la priorité à l'annulation bilatérale des dettes et
intensifiera son action diplomatique en vue de l'annulation de dettes
détenues par des institutions multilatérales »;
B) Considérant qu'il existe un consensus international pour passer
d'une logique d'allègement de la dette des pays pauvres à une logique
d'annulation, illustré par la Déclaration du Millénaire et,
dernièrement, par la décision du G8 prise lors du Sommet de Gleneagles
des 6-8 juillet 2005 consistant en l'annulation de 100 % de l'encours
de la dette des pays pauvres très endettés éligibles envers le FMI,
l'IDA et le Fonds africain de développement;
C) Considérant que les initiatives développées par les institutions
financières internationales pour répondre à la crise de la dette des
pays pauvres n'ont pas donné les résultats escomptés en matière de
croissance, de développement et de désendettement;
D) Considérant l'importance de garantir l'affectation des moyens
dégagés à une politique de développement qui s'inscrit dans les
Objectifs du Millénaire pour le Développement et qui bénéficie
directement aux besoins des populations locales et d'éviter que ces
moyens ne soient consacrés à d'autres fins;
E) Considérant qu'il est nécessaire de négocier avec chaque État
concerné, sur base de leur proposition, les investissements
prioritaires
à réaliser;
F) Considérant toutefois l'urgence et la nécessité d'un geste fort
vis-à-vis de ces États qui permette de répondre immédiatement à leurs
besoins dans l'attente du règlement définitif de la procédure
d'annulation de leur dette;
DEMANDE AU GOUVERNEMENT:
En ce qui concerne les PMA et les pays pauvres très endettés ne faisant
pas partie des PMA:
1. de dresser au plus tôt la liste des pays concernés par la présente
résolution et d'évaluer le coût pour l'État belge d'une annulation de
leur dette;
2. de conclure le plus rapidement possible, et si possible dans les
douze
mois qui suivent l'adoption de cette résolution, avec chaque État, un
contrat cadre pour définir les modalités de l'annulation totale de la
dette de ces pays et de déterminer les secteurs de développement humain
liés aux Objectifs du Millénaire pour le Développement qui devront être
financés prioritairement par les fonds libérés par cette annulation;
3. de partir non pas de la valeur nominale de la dette active, mais de
l'estimation de la valeur réelle sur le marché secondaire ou dans les
livres des bailleurs de fonds, de manière à obtenir une image réaliste
du coût réel des opérations d'annulation de dette;
4. de rendre publics à cette fin le mode de comptabilisation des dettes
dans les comptes de l'État, d'une part, et la valeur réelle de ces
dettes, d'autre part;
5. de veiller à ce que la couverture de projets par l'Office national
du
Ducroire soit « pertinente au développement », selon la définition de
la
loi du 25 mai 1999 relative à la coopération internationale belge ;
6. de décider, dès à présent, d'un moratoire avec gel des intérêts sur
le remboursement du service de la dette bilatérale (créances d'État et
créances du Ducroire) et de prendre les autres mesures nécessaires afin
de donner un effet immédiat aux décisions d'annulation qui
interviendront en conclusion des procédures et négociations ouvertes
avec les pays les moins avancés et les pays pauvres très endettés ne
faisant pas partie des PMA, en s'engageant à annuler leur dette
rétroactivement à dater de l'entrée en vigueur du moratoire;
7. d'établir dans le contrat-cadre un calendrier courant, selon les
montants libérés, jusqu'à maximum 2015 qui détermine les plans
d'investissements à réaliser dans les secteurs définis comme
prioritaires;
8. de prévoir la mise en place d'un groupe de travail réunissant des
experts publics des deux parties au contrat afin d'évaluer la mise en
oeuvre des objectifs définis par le contrat en insistant sur les
principes de la bonne gouvernance dans le chef des pays bénéficiaires
de
la remise de dette et de la responsabilité des deux parties, les
bailleurs et le pays bénéficiaire ;
9. d'inciter, dans les enceintes européennes, les autres États membres
de l'Union à adopter des mesures équivalentes;
En ce qui concerne les autres pays en développement dont la dette peut
être qualifiée d'odieuse:
10. d'organiser un audit sur le caractère « odieux » des créances
belges
sur ces pays en développement, en considérant au minimum qu'une dette
odieuse est une dette contractée par un gouvernement non démocratique,
que la somme empruntée n'a pas bénéficié aux populations locales et
enfin que le prêt a été octroyé par le créancier en connaissance de
cause des deux éléments précédents ;
11. d'annuler la part « odieuse » des créances belges sur ces pays
après
avoir conclu un contrat cadre selon les mêmes modalités que pour les
PMA
et les pays pauvres très endettés ne faisant pas partie des PMA ;
12. de plaider, au sein de la Banque mondiale, du FMI et des Nations
unies, en faveur de la réalisation d'une étude sur la dette odieuse
afin de clarifier sur le plan international la définition d'une dette
odieuse;
En ce qui concerne la dette multilatérale :
13. d'intensifier l'action diplomatique de la Belgique dans les
enceintes internationales en vue de l'annulation des dettes publiques
extérieures détenues par les institutions multilatérales;
14. de demander instamment que les remises de dette soient accordées
sur
base d'une nouvelle approche axée sur une logique sociale, en fonction
des critères minimums du respect des « Objectifs du Millénaire pour le
Développement », et non uniquement de conditions macroéconomiques
traditionnelles;
15. d'insister pour que l'on tienne compte de la possibilité des chocs
exogènes et de plaider en faveur de la mise au point de mécanismes plus
structurels permettant de réduire à l'avenir l'incidence de pareils
chocs exogènes sur le poids de la dette;
16. de demander instamment que l'on rouvre la discussion sur une
procédure de médiation indépendant de dettes, en vue d'équilibrer le
processus décisionnel de remises de dettes en prévoyant, d'une part,
que les bailleurs de fonds ne peuvent plus définir seuls les règles et
prendre seuls les décisions, et ce sur la base d'informations et
d'analyses qu'ils ont réalisées eux-mêmes ou que d'autres ont
réalisées et, d'autre part, qu'il y a lieu de faire intervenir
d'autres mécanismes de décision, développés dans le cadre d'organes et
de structures de partenariat indépendants;
17. de plaider, lors des négociations sur l'annulation de la dette au
Comité d'aide au développement (CAD) de l'OCDE, pour ne plus imputer
cette annulation sur les budgets de la coopération au développement ou,
au moins, pour l'amortissement de cette annulation de manière durable à
travers une budgétisation pluriannuelle.
En ce qui concerne le secteur privé:
18. d'oeuvrer à l'élaboration d'un code de déontologie pour les
banques qui octroient des prêts aux PMA, aux pays pauvres très endettés
ne faisant pas partie des PMA et à des pays du Sud remplissent certains
critères bien précis, et auxquels une remise de dette peut dès lors
être
accordée;
19. de conclure, avec l'Association belge des banques, un accord en
vertu duquel les banques assument aussi leur part dans les remises de
dette des PMA, des pays pauvres très endettés ne faisant pas partie des
PMA et des pays du Sud qui, répondant à des critères bien définis,
entrent en ligne de compte pour bénéficier de pareille remise;
En ce qui concerne le contrôle parlementaire:
20. de faire rapport chaque année au Parlement sur ses activités en
matière de remises de dette et de mentionner dans ce rapport, en
particulier, les opérations d'annulation de la dette pour les prêts
d'État à État et les assurances-crédits à l'exportation;
21. de venir présenter au Parlement l'état et les résultats de ses
contacts diplomatiques ainsi que les points de vue sur la dette
multilatérale que la Belgique a défendus au FMI et à la Banque
mondiale,
et ce avant la fin de l'année de l'entrée en vigueur de la présente
résolution et annuellement par la suite. »
______________________________
8. TEMOIGNAGE CHRETIEN LANCE UNE SOUSCRIPTION
______________________________
L’hebdomadaire Témoignage chrétien, cofondateur d’ATTAC, lance une
nouvelle formule en mars 2007. Elle a l’ambition de mieux répondre aux
attentes d’un nouveau lectorat qui peut faire, de Témoignage chrétien,
un outil précieux pour tenter l’expérience de changer le monde, changer
soi-même, devenir plus humain.
Afin d’augmenter la diffusion, Témoignage chrétien a besoin rapidement
de
:
- proposer un site internet moderne et réactif,
- accroître sa visibilité dans les points de vente,
- améliorer sa qualité rédactionnelle .
Pour mener ces actions indispensables, il faut des ressources
nouvelles.
Proches de l’équilibre, les comptes du journal ne permettent pas, à
l’heure actuelle, d’investir.
Aussi, Témoignage chrétien lance auprès de ses lecteurs et amis une
souscription dont l’objectif est de rassembler 100.000 euros d’ici au
30
juin.
Vous pouvez retrouver le texte complet de l’appel et le bon de
souscription sur le site de Témoignage chrétien :
http://www.temoignagechretien.fr/journal.php?ref=souscription
Contact : Solange Michot, 01 44 83 82 62 ou
mailto:[email protected]
http://www.temoignagechretien.fr
|