Mohamed Benchicou le 08 Octobre, 2007 02:53:00 | 626 fois lus
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Et dire qu’avec deux tels connaisseurs dans l’art de traire la vache Algérie, nous avons manqué de lait cet été !
Le premier se vante de privatiser 100 entreprises publiques par an, le second se réjouit que la privatisation du CPA se fasse aux conditions du repreneur. Hamid Temmar et Abdelatif Benachenhou n’ont qu’une religion : liquider ce qui reste de l’économie nationale. Ils n’ont qu’une obsession, qu’ils étalent d’ailleurs avec cynisme : tout brader avant fermeture définitive. Après son audition hier par le président de la République, Hamid Temmar, ministre-liquidateur, était tout fier d’annoncer à la presse que le rythme de privatisation des firmes publiques a été, entre 2005 et 2006, de 100 opérations par an ! Cette performance de brocanteur suffit à son bonheur et il s’en extasie avec force concepts savants dans un papotage pédant où il est, pêle-mêle, question de « nouvelle stratégie industrielle dans le cadre des changements sur l’espace économique », de « diagnostic de la structure industrielle nationale » et même de « croissance économique organisée et consolidée » ! C’est dire…
Dans ce registre du parfait camelot, Abdelatif Benachenhou, « meilleur économiste » d’Algérie, n’a rien à envier à son ancien homologue. Dans un article dans El-Watan, l’ancien ministre des Finances se réjouit publiquement de ce que la privatisation du CPA se fasse « enfin » dans l’intérêt du repreneur et que le dernier obstacle, la « circulaire Ouyahia », ait été abrogée. «Une très bonne nouvelle» s’extasie-t-il. Cette circulaire, rappelons-le, prise le 8 août 2004 par l’ancien chef de gouvernement, interdisait aux entreprises et institutions publiques de déposer leurs fonds dans les banques privées. « La privatisation du CPA était fortement hypothéquée par le maintien de la circulaire» nous explique doctement Benachenhou. Car enfin, pourquoi acheter une banque algérienne si on ne profite pas de la rente pétrolière, des fonds publics, de l’argent de l’Etat, de la mamelle du Trésor ? Et Benachenhou le dit tel quel : «le retrait de la décision favoriserait évidemment de meilleures offres pour le rachat du CPA dès lors qu’il a un effet sur le plan d’affaires du repreneur. Il conduirait à augmenter de manière significative les perspectives d’activité et de rentabilité du futur CPA». C’est déjà très clair, mais en bon avocat des repreneurs français du CPA, le professeur Benachenhou en rajoute une couche et vous répète que l’on ne « reprend CPA qu’avec la dot de l’Etat ». Ecoutons-le : «parce qu’il a dorénavant la certitude de garder la clientèle des entreprises publiques du CPA et qu’il peut en attirer d’autres, le futur repreneur ne peut qu’en tenir compte dans son plan industriel et dans son offre financière».
Oui, c’est à croire au mauvais sort : comment avec de tels expert dans l’art de traire la vache Algérie, avons-nous connu une pénurie de lait ?
Mohamed Benchicou