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Militer autrement: est-ce possible?

En choisissant le FSA

nous savions que nous avions choisi de militer autrement.

 

Que le chemin allait être dur, complexe et rebutant. Que cela n’étant pas de tout repos, le découragement ou la lassitude allaient venir ébranler nos premières certitudes. Et qu’il y avait risque de céder à la morosité et au désenchantement ambiant, et de contribuer, comme tant d’autres, à faire le lit, de tous les despotismes et de toutes les dictatures.

Mais nous avons senti, confusément peut-être, que la lutte contre le néo libéralisme, déjà bien en place chez nous, allait être une œuvre de longue haleine. Et que construire un autre monde, tout autant qu’une autre Algérie, était loin d’être l’affaire d’un jour. Que nous allions résister aux premiers signes de découragement, surtout à la veille de notre première action. Cette première rencontre, ce premier forum, cette agora de la parole libre qui allait permettre aux citoyennes et citoyens de venir exprimer leurs angoisses et leurs peurs, leurs préoccupations et leurs problèmes, mais aussi leurs attentes et leurs espoirs.

 

De débattre et d’échanger, pour tenter de comprendre, ensemble, la situation que les gouvernants ont faite pour eux, sans qu’ils n’y consentent. Et de croire ensemble que les choses peuvent changer.

 

Alors, parlons autour de nous de cette première rencontre, de ce premier forum, au moment où s’ouvre, à Mombay, le quatrième Forum Social Mondial, et que les rangs des premiers pionniers sont en train de grossir et de toucher tous les coins de la planète.

La lutte est planétaire ; et la société civile du monde a compris qu’il fallait se lever et se mettre en route pour que triomphe le projet qui se donne l’homme pour finalité suprême, alors que les ultra-libéraux veulent le sacrifier sur l’autel du profit et de la consommation effrénée.

Il faut continuer à marcher maintenant que nous avons pris la route.

 Au cours de cette première rencontre, nous devions essentiellement parler d’organisation, mais nous avons surtout débattu du contenu de cette action et de son impact sur les gens. Et c’est tant mieux !

 

J’ai regroupé nos interventions, arbitrairement peut-être, sous trois rubriques importantes :

q       La démobilisation ambiante.

q       La nécessité du changement.

q       Les élections, vues comme enjeu majeur de l’heure en Algérie, au regard du projet de société.

La Démobilisation

C’est une réalité : les gens, surtout les jeunes, sont démobilisés.

Cela a été répété comme s’il s’agissait d’une fatalité susceptible d’éroder tous les courages et d’annihiler toute tentative d’action. Certains ont rappelé que nous avions affaire à un peuple qui a vécu 130 ans de colonialisme, 7 ans et demie de guerre de libération nationale, 30 ans de parti unique et 10 ans de terrorisme, pour justifier le découragement et la démobilisation ambiants.

 

Dans une interview au quotidien Le Matin du 7 janvier l’historien Benjamin Stora, reprenant cette problématique avance la thèse suivante :

«  Il y a quand même une  société algérienne qui  atout connu dans les dix dernières années et qui est toujours debout. Elle fait montre d’une vitalité qui intrigue d’ailleurs. Cette société qui a connu l’islamisme, le terrorisme, en passant par toutes les formes d’expérimentations diverses et variées, est pourtant, encore debout. Elle l’est à travers les grèves sociales, la grève des enseignants, les mouvements des femmes, le mouvement citoyen en Kabylie…qui montrent que c’est une société qui ne se laisse pas contre. Mais attention. Il peut y avoir un épuisement de cette société. Il peut y avoir installation d’une régime autoritaire sur la base de cet épuisement. Toutes les batailles livrées par la société algérienne depuis 1989 comportent le risque de provoquer un épuisement. Et c’est sur cet épuisement que peut s’ériger un régime autoritaire. »

 

Tout est dit et simplement dit : nous avons les capacités de résister, mais il y a risque d’épuisement qui s’exprime aujourd’hui de différentes manières : refus de s’engager, de se mobiliser, distanciation dans l’implication. Mais ce sont aussi les traductions de la mal vie, du mal être, du ras le bol qui ont toujours trouvé des exécutoires, dans les révoltes des années 80, et continuent à s’exprimer dans toutes les émeutes déclenchées, ici et là, à travers tout le territoire national, pour de multiples problèmes : distribution de logements, adduction d’eau, alimentation en électricité, hogra en tous genres, de la part des autorités locales, etc ; et les routes sont coupées. Cette vitalité dont parle B. Stora est la preuve que la culture de résistance est toujours vivace et que la lutte pour une autre Algérie est toujours possible.

L’essentiel est que son projet et ses objectifs soient définis, sa démarche claire, ses formes de lutte adaptées aux situations réelles et qu’elle soit organisée de manière durable.

Le FSA peut devenir l’une de ces formes d’organisation ; l’une, mais pas l’exclusive.

Le changement

 Ce sont là les conditions qui balisent l’émergence du changement, dont la nécessité a été au cœur de toutes les interventions.

 

Il a été affirmé que Si les choses ne changent pas en haut, il ne peut y avoir de changement significatif, comme la liberté de réunion, de manifestation ou d’expression. Or nous savons bien que le changement ne peut venir d’en haut ; qu’il n’est pas octroyé sans lutte, mais, le plus souvent, doit être arraché.

 

C’est la mobilisation des militants qui peut entraîner les changements attendus par les citoyens. Le militant doit comprendre ce qui se passe, saisir la nature et l’importance des enjeux, aller vers les autres, pour savoir quels changements réels sont voulus, par quelles voies possibles et sous quelles formes de lutte.

 

Comprendre d’abord pour mieux agir ensuite, parce que les gens sont déboussolés. Il est indispensable de décrypter les situations et les rendre plus lisibles, plus transparentes au plus grand nombre.

 

Et, sur la base de cette compréhension, agir ensemble, pour changer les choses et transformer la société, dans le sens voulu par la majorité des citoyens démunis.

 

Il faut constamment lier l’activité théorique et l’action pratique. Le FSA ne doit pas être un laboratoire, mais une organisation ouverte à tous, ouverte sur la vie et soucieuse d’agir concrètement, dans la proximité de la vie quotidienne des citoyens.

 

Les messages que le FSA produit pour atteindre le plus grand nombre passent par la réappropriation des médias lourds qui sont aujourd’hui au service d’un seul homme et de ses ambitions, et non de l’expression populaire, comme le stipule la Constitution.

Art.7 – le peuple exerce sa souveraineté par l’intermédiaire des institutions qu’il se donne.

Art..8 – Le peuple se donne des institutions ayant pour finalité :

 

q       la sauvegarde et la consolidation de l’indépendance nationale. 

q       La sauvegarde et la consolidation de l’identité nationale

q       La protection des libertés fondamentales du citoyen et l’épanouissement social et culturel de la Nation.

q       La suppression de l’exploitation de l’homme par l’homme.

q       La protection de l’économie nationale contre toute forme de malversation ou de détournement, d’accaparement ou de confiscation illégitime.

 

Que fait d’autre l’actuel Président si ce n’est de l’accaparement et de la confiscation illégitime d’un bien public à des fins personnelles ?

Les élections

 Une importante partie du débat a été consacrée à la question des élections comme pôle éventuel d’attraction des citoyens.

Autrement dit à quel thème les citoyens vont-ils accorder le plus d’attention ?

 

Au regard du thème général « préoccupations et enjeux de l’heure en Algérie » il a été relevé que les élections présidentielles ne sont pas la préoccupation essentielle des jeunes.

 

Mais il a été également avancé et retenu qu’il s’agit d’un enjeu majeur pour tout le pays en considération du projet de société à choisir pour les uns et les autres.

 

Plusieurs formulations thématiques ont été formulées et entre autres :

 

q       Les présidentielles à la lumière des préoccupations et enjeux de l’heure en Algérie.

q       Préoccupations et enjeux de l’heure en Algérie et les élections présidentielles.

q       Préoccupations et enjeux de l’heure : des élections présidentielles pour quel projet de société ?

q       Des élections pour répondre à quelles préoccupations des algériens ?

 

 

Date de dérnière mise à jour :2006-03-29
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