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DEMARCHE EN VUE DE LA PRISE DE DECISION.par Si Mohamed Baghdadi

DEMARCHE EN VUE DE LA PRISE DE DECISION.

 

 

Tous les Fora du monde à la recherche d’eux mêmes, et donc, des meilleures voies pour assumer les tâches dont ils se chargent, sont confrontés à la question de la prise décision ; autrement dit, comment décider lorsque l’on n’est ni un parti, ni un syndicat, ni même une association ; une entité d’aucune sorte, regroupant, épisodiquement, les représentants d’associations ou de syndicats du mouvement associatif ou syndical.

 

Comment assurer la continuité du processus qu’est un forum social ?

 

Chaque forum a répondu à la question comme il l’a entendu, en fonction des conditions et de l’histoire de sa création. Le FSM a créé un Conseil International et des commissions, le FSMED, un Groupe de Coordination international et une Assemblée Préparatoire Internationale.

L’une des conditions pour assurer cette continuité, tous les altermondialistes le reconnaissent, est d’en préserver la mémoire, pour éviter toute dispersion et stérile fuite en avant.

Aussi, nous a-t-il semblé utile de revenir sur notre propre expérience, et d’en interroger la courte histoire.

 

Petite histoire de l’organisation et du fonctionnement du FSA

 

Au départ nous avions créé un Collectif d’animation et de Coordination qui assurait la coordination à l’échelon national.

Les décisions se prenaient au sein de ce CAC, après délibération organisée à partir de propositions soumises à l’appréciation de ses membres.

 

Puis, vint le tour, de la création des carrefours et des ateliers qui ne firent pas long feu, a cause de problèmes de leadership, d’un manque d’enracinement et de maturation. Quelques actions sont cependant à mettre à leur compte au plan économique et éducatif.

 

Suivit la création des Collectifs Régionaux dont il conviendrait d’analyser la parcours, l’organisation et le fonctionnement. Là aussi nous avons constaté des fortunes diverses, avancées et reculs se succédant, pour de multiples raisons dont les principales sont celles évoquées ci dessus.

 

C’est lors  de la journée d’études nationale du 2 mars 2006 que principes et cadres d’action ont été précisés sur la base de l’expérience engrangée et des réflexions qu’elle avait inspirée. Nous en rappelons l’essentiel, car cela fait partie de notre patrimoine, aussi réduit fût-il.

 

Les principes

 

n         Respect de la charte des Principes de Porto Alegre

n         Respect de la déclaration du FSA qui énonce les principes suivants : notamment les articles 12 et 13 :

n         « Le Forum Social Algérie dont nous préconisons la création serait donc une sorte de réseau associatif, un espace de débats, d’échanges d’idées et d’expériences utiles au mouvement social, apportant une contribution complémentaire à celle des partis et des syndicats. »

n         « …élaborer et promouvoir, des solutions alternatives justes, pour le développement harmonieux de l’homme et de la société, dans la justice, la liberté, la solidarité, et le respect citoyen de l’autre, sous forme démocratique, en respectant l’autonomie d’organisation et de programmation de toutes les composantes du Forum.

n         Les membres du Forum sont, comme indiqué plus haut, les associations, les syndicats et des personnes poursuivant les mêmes objectifs, à l’exclusion des partis politiques.

n         Tout Forum se crée essentiellement à partir de l’action et non sur du formel.

n         Ne privilégier aucune forme d’action mais au contraire en créer de nouvelles autant que possible et autant que le réel le permet

n         Le forum ne doit pas se substituer aux entités qui le composent.

n         Le Forum n’est pas une entité susceptible d’être considérée comme un recours ou un bailleur de fonds.

 

Les cadres d’action

 

n         Pas d’organisation formelle ou susceptible de devenir un but en soi, comme ce fut le cas de toutes les organisations transformées en appareils pour les intérêts des apparatchiks qui les dirigent.

n         Mettre l’action sur la responsabilité de celles et ceux qui animent réellement des projets et non sur des responsabilités formelles.

n         Les responsabilités doivent être tournantes, afin que chacun fasse son expérience à tous les pôles de l’action.

n         Construire en marchant, donc priorité à l’action qui transforme les réalités sociales, économiques et culturelles imposées par l’ordre néo libéral.

n         Consacrer des formes d’organisation, de coordination et de régulation souples favorisant l’expression du plus grand nombre.

n         Revoir sur cette base la formule des fora régionaux, qui doivent être compris comme espaces de simple régulation horizontale et non nœud hiérarchique, et favoriser la création de fora de proximité : immeubles, cités d’habitation, quartiers, communes, etc.

n         Ou de formules transverses, telles que carrefours, ateliers et rencontres, conférences débat, journée d’étude et séminaires.

 

 

Se fondant sur ces considérations, la réunion du CAC en date du 30.30.06, rappelant ce qui précède, prenait les décisions suivantes :

 

Il est créé un Collectif de Liaison réunissant tous les responsables de l’animation des projets communs ou de projets locaux devenus par la force des choses projets communs, ou susceptibles de le devenir.

Le Collectif de Liaison remplace le précédent Collectif d’Animation et de coordination. Il a pour rôle d’assurer la liaison entre tous les projets, d’harmoniser les calendriers de réalisation et de mutualiser, autant que faire se peut, les moyens d’action.

Le Comité de liaison se réunit en tant que de besoin et, en principe, une fois par mois.

Il peut s’élargir, une fois tous deux mois, aux responsables de l’animation de projets au niveau régional.

 

Ce Comité de liaison ne put voir le jour car ceux qui avaient pris la responsabilité d’animer des projets communs ne purent, pour des raisons diverses, faire face à la responsabilité qu’ils s’étaient engagés à assumer.

 

Les Collectifs d’Animation et d’Organisation (CLOA) prirent alors le relais et, dés le mois de mai 2006, ce fut l’organisation du Camp de la jeunesse maghrébine qui concentra leur attention.

Les CLOA et le C1ollectif d’animateurs du CJM qu’ils constituèrent, assurèrent la coordination de l’ensemble du processus.

 

Une proposition de démarche pour décider

 

La présente contribution a pour but de soumettre à la réflexion de toutes et tous une démarche s’inspirant des principes de la Charte de PA et de notre expérience.

 

En relisant la Charte

Les principes 6 et 7 abordent le sujet qui nous intéresse mais seulement lors de la tenue du FSM, ni avant, ni après, qui constituent l’objet de notre contribution.

Il s’agit de délibération, à savoir du moment précédant la prise de décision.1

Des décisions peuvent être prises entre entités décidées à agir ensemble. Mais elles n’engagent en rien le forum dans sa totalité.

 

La proposition se situe à deux niveaux :

celui des CLOA

puis celui du CNR.

 

La démarche au niveau des CLOA

 

Chaque CLOA est libre de décider, tant de son organisation, que des modalités de son fonctionnement, et notamment de son programme d’action au sein de l’espace qui lui est propre.

Il peut, de ce point de vue, participer à la réalisation de projets communs, tout autant qu’à l’organisation du Premier Forum Social Algérien.

 

La démarche au plan national

 

Dans le cadre de l’organisation du PFSA, nous nous sommes dotés de structures, approuvées lors du CNR1 ; et même, bien avant, puisque notre projet ayant été soumis à l’assentiment de toutes les parties qui s’en seraient senties concernées, dés le mois d’avril 2006, n’a enregistré nulle proposition d’ amendement, sauf lors des deux derniers CNR.

 

En vue de l’organisation du PFSA, quelle que soit sa nature, sa forme et ses modalités d’organisation, nous avons retenu, en conséquence, les structures suivantes :

 

Le Conseil National de Régulation

Et, en son sein,

le Conseil de Coordination générale regroupant :

q       le responsable du Secrétariat Général  du PFSA,

q       le responsable du Conseil Méthodologie et Thématique,

q       le responsable de la Communication,

q       le responsable de l’Animation du Forum

q       le responsable de la logistique et des Finances.

 

Le CNR1 a retenu que :

q       Le CNR arrête le programme national d’organisation et de programmation du PFSA.

q       Et charge le Conseil  de Coordination générale de son application.

 

Du fait que le Conseil de Coordination Générale ne s’est encore jamais réuni, bien que convoqué, la proposition est la suivante :

 

1 – Les décisions  sont prises - au cours des réunions que le CCG programme, selon un calendrier établi au préalable - par consensus et, à défaut, à la majorité des membres présents.

2 – Dans l’intervalle de deux réunions du CCG, et en cas d’urgence, l’un des membres ayant une proposition de décision à soumettre, le fait par voie d’email.

3 – Un délai de 24 heures est fixé pour répondre à la  proposition.

Passé ce délai, les membres n’ayant pas répondu sont considérés consentants, selon le principe « qui ne dit mot consent ».

 

Vous trouverez ci dessous des extrait d’une étude relative à la formation d’animateurs d’une institution, notamment les développements concernant la décision

 

La Décision

 

La bonne gouvernance est certes le résultat du respect de valeurs de normes et de principes d’action assurant le développement démocratique d’une institution, mais c’est essentiellement l’effet de bonnes décisions. Qui décide bien agit bien !

 

Lalande définit, de manière générale, la décision comme étant « la terminaison normale de la délibération dans un acte volontaire »[1]. Il met ainsi d’emblée en évidence deux aspects déterminants de la décision : l’entendement et la volonté.

 

Tout homme est appelé à prendre, à tout moment de sa vie, des décisions pour imprimer un SENS à cette vie. Ce qui est valable pour l’homme l’est également de l’institution, système complexe finalisé.

 

Précisons aussi, que la décision est un acte immatériel par lequel un homme, ou une institution, tranche le fil de la délibération, et procède à un choix mesuré, entre les différentes possibilités ou voies d’action qui se présentent à lui, toutes n’étant pas réalisables en fonction des moyens dont il dispose.

Vue sous cet angle, la décision est donc l’acte par lequel un homme ou une institution, opère un choix entre buts et moyens nécessaires à leur réalisation.

Le choix est opéré selon des critères déterminés qui sont d’abord les critères axiologiques :

valeurs, normes, finalités et principes- puis des critères techniques, matériels ou financiers, selon la nature des décisions à prendre et le champ d’intervention.

 

L’entendement est la faculté de comprendre une situation. Il fait intervenir les opérations suivantes : concevoir, raisonner, juger. Il est au fondement même de la délibération, moment important qui prépare le choix définitif que fait l’homme ou l’institution.

 

Toute délibération comporte essentiellement trois étapes :

 

  • La détermination de l’objet de la décision à prendre
  • L’analyse du sujet de la délibération
  • La formulation de propositions de mesures à prendre

 

Elle peut être le fait de deux catégories de personnes : ceux que l’on appelle communément les décideurs et ceux appelés, seulement, à participer à l’analyse du problème, à émettre des avis ou des propositions de solutions, en fonction, soit de leur compétence, soit de leur appartenance sociale, afin de donner à la décision l’enracinement social sur lequel se fonde l’adhésion sociale la plus large possible.

 

La volonté est l’affirmation du choix de l’une des solutions proposées ; elle est l’impulsion qui détermine l’individu à agir, qui le fait passer d’une disposition à agir, à l’action même.

La volonté se distingue de l’entendement par la responsabilité qu’elle entraîne. Le risque que comporte toute décision est de voir l’action entreprise, manquer le but poursuivi. C’est la raison pour laquelle elle est généralement considérée comme l’apanage des leaders, l’essence même de leur fonction, et de leur place au sein d’une institution.

 

La dialectique de l’entendement et de la volonté. Entendement et volonté sont loin d’être situés sur le même plan ; l’entendement fait appel au jugement et la volonté au caractère. C’est de leur confrontation et de leur fusion dialectiques que naît la décision. L’entendement est recherché en vue d’une fin : en ce sens il fait appel à la volonté pour réaliser un but. A son tour, la volonté implique le courage de l’esprit et se fonde sur la clair voyance de l’entendement.

Ainsi, celui qui veut décider en « toute connaissance de cause », doit sans cesse confronter sa volonté aux résultats de la délibération, pour engager l’action à venir.

 

 



 

1 Voir le document joint en annexe.

[1] A. Lalande, Vocabulaire technique et critique de la philosophie, Paris, PUF 1960, page 202.

Date de dérnière mise à jour :2007-01-04
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