Le ministre algérien de l’Intérieur Yazid Noureddine Zerhouni a accusé jeudi le chef du Groupe salafiste pour la prédiction et le combat (GSPC) Abdelmalek Droukdal, dit Abou Mossaâb Abdel Wadoud, d’être derrière les deux attentats qui ont ébranlé la veille Alger, faisant 33 morts et 57 blessés.
"Droukdal qui est responsable de cette opération, est connu", a-t-il affirmé au terme de sa tournée dans les hôpitaux algérois, ajoutant que "sa neutralisation" pourrait prendre "quelques semaines ou quelques années". "Elle dépendra de notre capacité de mobilisation et de vigilance, car le peuple algérien s’est habitué à la paix".
Réagissant par ailleurs à la revendication des attentats mercredi par Al-Qaïda, Yazid Zerhouni estime que "quelle que soit l’appellation du groupe, Al-Qaïda ou GSPC, cela ne change rien". Et de prévenir que "le groupe ayant commis ces attentats pourrait encore commettre quelques attentats par ci ou par là". Il a ajouté que "le groupe ayant commis ces attentats est isolé et ses membres sont réduits, ils sont face à un mur et se trouve dans une situation désespérée".
Evoquant la réunion tenue mercredi soir avec le président Abdelaziz Bouteflika, juste après les attentats, M. Zerhouni a souligné que "nous avons eu l’occasion de faire une évaluation de la situation sécuritaire dans le pays", faisant remarquer que "les orientations ont confirmé que la situation sécuritaire était toujours correcte".
Toutefois, a-t-il poursuivi, pour expliquer les attentats qui sont épisodiquement perpétrés dans le pays, "nous n’avons jamais exclu le risque d’attentat car il n’y a pas plus simple que de poser une bombe dans n’importe quel endroit de nos villes".
Conséquence de ces attentats, les mesures de sécurité sont renforcées dans les grandes villes où "le nombre des gendarmes et de policiers sera revue à la hausse".
Pour Yazid Zerhouni, le choix de la cible, le palais du gouvernement, est "médiatique", jugeant qu’"un attentat contre un édifice central du gouvernement constitue le top du point de vue médiatique".
Sans être rigoureusement formel, sur les visées de ces attentats, il n’écarte pas que "l’objectif pourrait être la perturbation des prochaines élections", le 17 mai, soulignant que "les gens qui se sont engagés dans les solutions politiques et en faveur de la réconciliation nationale, sont dominants dans le pays".
En revanche, et dans une affirmation sibylline, Yazid Zerhouni, connu pour être au coeur de la décision politique en Algérie, estime que les deux attentats sont "l’une des dernières manifestations de gens ne voulant pas que l’Etat fonctionne normalement". Et d’ajouter dans une allusion à d’autres forces politiques hostiles à la politique du président algérien qu’"il y a peut-être d’autres intérêts d’un autre type que politico-religieux".
2 - L’Onu cherche à dissiper des "malentendus" sur le Darfour
Le Soudan semble s’être mépris sur les intentions de l’Onu en refusant que des hélicoptères de combat soient inclus dans l’opération que projette l’organisation internationale au Darfour, a déclaré Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations unies.
L’Onu espère conclure avec le Soudan un accord sur l’envoi de quelque 3.000 casques bleus auprès des 7.000 soldats de l’Union africaine au Darfour, mais Khartoum refuse une opération UA-Onu dont les effectifs dépasseraient 20.000 soldats et policiers, ainsi que le déploiement d’hélicoptères de combat.
"Il semble y avoir quelques malentendus avec le gouvernement soudanais au sujet de ce matériel", a dit Ban Ki-moon à des journalistes. "(Il s’agit) par définition d’une opération de maintien de la paix - cela ne répond à aucun (projet) offensif."
Il a noté que le déploiement de troupes exigeait mobilité et capacité de dissuasion pour le cas où elles seraient attaquées. "Il s’agit de matériel ordinaire au sujet duquel ils (les Soudanais) ne devraient avoir aucune inquiétude", a-t-il dit.
Le président soudanais Omar Hassan Bachir, qui a rencontré Ban le mois dernier lors d’un sommet arabe à Ryad, refuse d’admettre des troupes non africaines sur son territoire.
Ban a souligné que le commandant de la force et son adjoint seraient africains. "Par conséquent, j’espère qu’il n’y aura plus d’inquiétude de cette nature. Nous nous emploierons à dissiper ce type d’inquiétudes", a-t-il dit.
Ban a noté qu’il présidait des consultations au siège de l’Onu avec le président de l’UA et les deux émissaires chargés d’élaborer un accord de paix, Jan Eliasson pour les Nations unies et Salim Ahmed Salim pour l’Union africaine.
En raison de ces discussions, il a demandé la semaine dernière aux Etats-Unis et à la Grande-Bretagne de reporter un projet de résolution du Conseil de sécurité imposant à Khartoum des sanctions internationales et des pénalités bilatérales. Les deux pays ont accepté.
3 - L’état d’Ariel Sharon serait en "très légère amélioration"
L’état clinique d’Ariel Sharon, tombé dans le coma au début de l’an dernier, s’est très légèrement amélioré, selon des membres de sa famille cités par une chaîne de télévision.
Sharon a été victime d’une hémorragie cérébrale massive le 4 janvier 2006, alors qu’il était chef du gouvernement, et a perdu connaissance. Transféré dans un établissement spécialisé près de Tel Aviv, il est toujours dans un état comateux. Ses médecins ne pensent pas qu’il puisse se rétablir.
Selon la chaîne israélienne "10", le fils de Sharon, Omri, a rapporté que son père, âgé de 78 ans, parvenait à réagir à différentes questions en contractant légèrement la main.
"Père suit les choses des yeux, il regarde la télévision, surtout (la chaîne) géographique nationale et d’autres émissions sur la nature.
"Il ne réagit pas seulement avec les yeux, mais aussi par une pression de la main (...) et pas seulement à des questions comme ’est-ce que ça fait mal’", a dit Omri Sharon selon la télévision.
Un porte-parole de l’hôpital où est soigné Sharon s’est refusé à tout commentaire sur son état clinique. Ehud Olmert, alors adjoint de Sharon, avait assumé l’intérim de ses fonctions après son accident cérébral avant de remporter des élections législatives en mars 2006.
4 - Des médias internationaux se mobilisent pour la libération du journaliste de la BBC enlevé à Gaza
Dans un rare signe d’unité et de solidarité, trois médias internationaux ont interrompu jeudi leurs programmes habituels pour diffuser une émission spéciale en direct de la place principale de Ramallah, en Cisjordanie, pour réclamer la libération du journaliste de la BBC Alan Johnston, un mois après son enlèvement à Gaza.
Cette émission, qui a duré près d’une demi-heure dans l’après-midi, était présentée par le rédacteur en chef Moyen-Orient de la BBC, Jeremy Bowen, et a été retransmise simultanément par la BBC, par la chaîne britannique Sky News et par Al-Jazira English, la version en langue anglaise de la chaîne panarabe.
La chaîne américaine CNN a, elle aussi, participé à cette mobilisation en diffusant au même moment des extraits de l’émission spéciale, qui comprenait des reportages sur le travail de Johnston, sur les dangers du travail des journalistes dans la Bande de Gaza et sur les manifestations organisées par les Palestiniens pour réclamer la libération du reporter de la BBC.
Des interviews avec des journalistes palestiniens et des correspondants étrangers s’exprimant sur Johnston ont également été diffusées. Lors de l’émission, une affiche portant les mots "Free Alan" ("Libérez Alan") avait été déployée sur la place principale de Ramallah, en Cisjordanie. "Alan est un journaliste bon et honnête qui, pendant trois ans, a fait un brillant travail à Gaza", a souligné Jeremy Bowen.
Pendant ce temps, dans l’autre territoire palestinien, quelque 200 journalistes palestiniens se sont rassemblés à Gaza en brandissant des affiches avec les mêmes mots.
Cette émission spéciale avait lieu à l’occasion de la "journée d’action" organisée jeudi en Grande-Bretagne et dans les Territoires palestiniens pour le premier mois de détention de Johnston.
D’origine écossaise, Johnston est le seul correspondant étranger à vivre à Gaza (les autres grands organes de presse ont souvent recours à des collaborateurs palestiniens pour couvrir ce territoire). Il a été enlevé par des hommes armés devant son immeuble de Gaza le 12 mars, à quelques semaines de la fin de sa mission de trois ans dans la Bande de Gaza. Depuis cette date, on est sans nouvelles de lui ni de ses ravisseurs, et son enlèvement est le plus long subi par un journaliste dans ce territoire.
Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a fait savoir mercredi à la BBC qu’il avait des "preuves crédibles qu’Alan est sain et sauf", a annoncé jeudi le directeur général de la British Broadcasting Corporation, Mark Thompson, qui avait fait lui aussi le déplacement à Ramallah.
Saeb Erekat, proche conseiller de Mahmoud Abbas, a exprimé sa "honte" face à cette détention. "Je n’ai jamais eu autant honte d’être Palestinien qu’aujourd’hui avec l’enlèvement de Johnston qui se prolonge", a-t-il déclaré jeudi.
Dans la matinée, le père du reporter, Graham Johnston, a lancé un appel aux ravisseurs lors d’une conférence de presse à Londres. "Vous avez des familles. Pensez s’il vous plaît à ce que cela fait à ma famille".
5 - Les attentats d’Alger font craindre un retour aux années noires
Les deux attentats à la bombe qui ont fait 33 morts et plus de 200 blessés mercredi à Alger ravivent dans la capitale algérienne le spectre d’un retour aux années 1990, au plus fort des violences islamistes.
"Les attentats d’Alger ont réveillé les démons d’une violence qu’on croyait circonscrite", note le quotidien Liberté.
Parmi les blessés, 57 étaient encore hospitalisés jeudi, a indiqué le ministre algérien de l’Intérieur, Nourredine Yazid Zerhouni, cité par l’agence officielle APS.
Zerhouni a jugé possible que les attentats aient eu pour objectifs de perturber les élections législatives du 17 mai et de torpiller les efforts visant à tourner la page sur des années de violences à caractère politique.
La police a renforcé les mesures de sécurité dans la région algéroise où ont été multipliés patrouilles et barrages.
"La peur est revenue", confiait un homme de 60 ans. "J’ai demandé à mon jeune frère de faire attention en prenant les transports publics. On ne sait jamais."
Selon le journal Echorouk, une Mercedes noire chargée de 500 kg d’explosifs a été désamorcée par des artificiers des forces de l’ordre mercredi près de la maison du chef de la police, le colonel Ali Tounsi. L’information n’a fait l’objet d’aucun commentaire de responsables de la police jusqu’ici.
"Il faut mettre les terroristes contre un mur et les fusiller", dit Mohamed, mécanicien dans le quartier huppé d’Hydra, sur les hauteurs de la ville. "Les concessions, ça suffit".
Au lendemain des attentats, certains en attribuent la responsabilité indirecte au gouvernement, accusé de n’avoir pas été assez dur avec les islamistes.
"Il est inconcevable, inadmissible et choquant de revivre le cauchemar des années 1990", écrit le journaliste Omar Belhouchet, rédacteur en chef d’El Watan.
L’une des explosions, attribuée par des témoins à un kamikaze, a emporté une partie de la façade du Palais du gouvernement, dans le centre d’Alger. L’autre attentat a eu lieu à Bab Ezzouar, un faubourg est de la ville.
L’Organisation Al Qaïda pour le Maghreb islamique a revendiqué ces attentats sur internet en affirmant que 45 personnes avaient péri. Ce communiqué de revendication n’a pu être authentifié. Mais ce mouvement, qui est l’ancien Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), a revendiqué la responsabilité de plusieurs attentats commis contre les forces de sécurité et des ressortissants étrangers depuis janvier.
"Le terrorisme ne leur fait pas peur (aux Algériens). Il a été pratiqué, vécu, combattu et vaincu", écrit Belhouchet. "Ils craignent, par contre, le renoncement, la faiblesse, les compromissions de ceux chargés de faire sortir l’Algérie de la crise."
De nombreux Algériens ont émis des doutes sur la politique d’amnistie du gouvernement, qui aurait affaibli les capacités des forces de sécurité tout en renforçant la détermination des rebelles.
Les islamistes algériens ont pris les armes à la suite de l’annulation, en 1992, des élections législatives que le Front islamique du salut (Fis) était en passe de remporter. Les violences qui avaient suivi pendant des années auraient fait jusqu’à 200.000 morts.
Les troubles n’ont jamais complètement cessé, même s’ils sont circonscrits aux montagnes à l’est d’Alger.
Mais d’autres observateurs pensent que les attentats de mercredi sont, paradoxalement, la preuve de la réussite des récentes opérations de l’armée dans ces montagnes.
"Plus la pression militaire augmente contre les foyers terroristes, plus le mouvement terroriste se recroqueville et devient de plus en plus radical", écrit Liberté. "Plus les services de sécurité approchent de l’éradication totale de cette vermine et plus les terroristes se lanceront dans des actions désespérées comme celle du kamikaze du Palais du gouvernement."
Le secrétaire général de l’Otan, Jaap de Hoop Scheffer, a joint sa voix à celles qui ont déjà condamné les attentats. "Il n’y aura jamais la moindre justification pour cette violence", a-t-il dit.
6 - La sécurité au coeur du contentieux entre le Fatah et le Hamas
Les forces du président palestinien Mahmoud Abbas, qui vont bénéficier de nouvelles bases dans les territoires et d’une formation plus poussée à l’étranger, devraient jouer un rôle accru dans le maintien de l’ordre. Ce qui risque de les opposer directement au Hamas.
En souhaitant ce week-end que ses forces contribuent à empêcher les tirs de roquettes contre le territoire israélien, Abbas a exhumé une des divergences politiques fondamentales entre son mouvement, le Fatah, et le Hamas, qui cohabitent pourtant dans la même coalition d’union nationale.
Observateurs palestiniens et occidentaux estiment que l’objectif d’Abbas est de créer un corps de "gendarmerie", une force ayant une formation militaire mais qui intervienne dans des zones civiles tout en étant apte à réaliser des missions de police, de maintien de l’ordre, et à veiller à l’application des accords de paix avec Israël.
S’ils reçoivent des entraînements dans des camps installés dans la bande de Gaza et à Jéricho, un demi-millier d’hommes favorables à Abbas sont récemment passés en Egypte pour y recevoir une formation plus poussée, ont affirmé des responsables occidentaux.
Des centaines de membres de la garde présidentielle d’Abbas suivront prochainement des formations similaires en Jordanie, dans le cadre d’un programme de 59,4 millions de dollars financé par les Etats-Unis.
Sur cette somme, 2,9 millions de dollars doivent servir à améliorer les camps d’entraînements palestiniens dans les territoires.
"C’est une reconnaissance de ce qui est nécessaire", a dit un responsable occidental impliqué dans ce programme. Les Etats-Unis sont convaincus que la branche armée du Hamas reçoit des armes, des entraînements et de l’argent de l’Iran, qui chercherait à consolider ses positions dans la bande de Gaza.
Faouzi Barhoum, porte-parole du Hamas, a estimé pour sa part qu’en demandant à ses forces de sécurité de faire cesser les tirs de roquettes depuis Gaza, Abbas enfreignait le pacte sous-tendant le gouvernement d’union, qui serait voué à la "résistance", sous toutes ses formes, à Israël.
"Ce qu’il a dit ne respecte pas l’accord entre les factions", a dénoncé Barhoum.
Si le Hamas a donné la consigne à ses militants de ne pas tirer de roquettes sur Israël, il a clairement affirmé qu’il n’avait pas l’intention de chercher à dissuader les autres factions, à commencer par le Djihad islamique, de faire de même.
Israël accuse cependant le Hamas d’avoir profité de ce répit pour renforcer son arsenal et d’avoir, en coulisse, aidé les autres factions. La formation d’un gouvernement d’union n’a pas non plus calmé les dissensions entre le Hamas et le Fatah.
Le Hamas a ainsi émis de vives réserves quant à la décision d’Abbas de nommer au poste de conseiller à la sécurité nationale Mohamed Dahlan, un des ennemis de longue date.
De source proche de la sécurité palestinienne, on affirme que Dahlan coordonne personnellement les programmes d’entraînement des forces de sécurité.
Ainsi, un programme de l’Union européenne de formation de la police palestinienne, globalement gelé après l’arrivée du Hamas au pouvoir en 2006, pourrait être réactivé pour les forces sous le contrôle de Dahlan, ont affirmé des diplomates européens.
"La divergence fondamentale entre Abbas et le Hamas porte sur la mission des forces de sécurité", a expliqué Mohamed Yaghi, membre de l’Institut de politique proche-orientale, à Washington, et éditorialiste du quotidien palestinien Al Ayyam.
"Le Hamas veut inclure les forces de sécurité dans la lutte nationale contre Israël. Abbas et Dahlan veulent que les forces de sécurité participent à la mise en oeuvre des accords avec Israël."
Pour Mouin Rabbani, expert de l’International Crisis Group, institut de réflexion sur la prévention des conflits, le Hamas pourrait être près d’un tournant stratégique.
En novembre, le chef du Hamas, Khaled Méchaal, avait affirmé qu’une "troisième intifada" risquait d’être lancée si les différentes parties ne saisissaient pas une occasion "historique" de faire la paix. Il avait alors donné six mois aux capitales occidentales.
A la fin mars, le Premier ministre Ismaïl Haniyeh a affirmé que le mouvement pourrait revoir sa stratégie si les sanctions contre le gouvernement d’union n’étaient pas levées sous deux à trois mois, une menace qu’il a reformulée mercredi.
"Jamais le Hamas ne s’est montré aussi disposé à accepter un réglement politique israélo-palestinien", a dit Rabbani. "Mais ils ne l’accepteront pas à leurs dépens."
7 - Attentat à la bombe dans une cafétéria du Parlement irakien à Bagdad : deux députés tués
Deux députés ont été tués lorsqu’une bombe a explosé jeudi à la mi-journée dans le bâtiment du Parlement irakien à Bagdad, en pleine Zone Verte fortifiée, selon un bilan officiel. Au moins dix autres personnes ont été blessées dans cette déflagration qui a secoué une cafétéria où déjeunaient plusieurs parlementaires, précise la télévision d’Etat.
Un député du Front pour le dialogue national, Mohammed Awad, a été tué dans l’attentat, selon Saleh al-Mutlaq, chef de ce parti sunnite qui détient 11 sièges au Parlement. Un autre député, chiite, a également trouvé la mort, selon un responsable de la sécurité qui a requis l’anonymat.
Un membre du Front pour le dialogue national, Mohammed al-Dayni, a suggéré qu’il pourrait s’agir d’un attentat suicide. "Je suis sur le site de l’explosion et je vois les jambes coupées de la personne qui a mené cette opération", a-t-il déclaré à la chaîne Sharqiya.
L’attentat, intervenu à l’heure du déjeuner, a fait "plusieurs blessés, des membres du Parlement et des employés", a déclaré Mohammed Abou Bakr, responsable des relations avec la presse. D’après un porte-parole de l’ambassade américaine à Bagdad, aucun employé de la représentation diplomatique ni ressortissant américain ne figurent parmi les victimes.
Khalaf al-Ilyan, un dirigeant du Front de la concorde nationale, a noté que cette attaque "visait tout le monde, tous les partis. Notre Parlement représente tous les segments de la société irakienne". Cet attentat "souligne l’échec du plan de sécurité du gouvernement", a-t-il remarqué. "Ce plan est un échec à 100%. C’est un raté total".
8 - La Tunisie se dit "solidaire" avec l’Algérie
Le président tunisien Zine El Abidine Ben Ali a fait part à son homologue algérien Abdelaziz Bouteflika de "la solidarité et du soutien indéfectibles" de son pays avec l’Algérie dans la lutte contre le phénomène du terrorisme qui "menace nos sociétés".
Dans un message de condoléances publié jeudi par les quotidiens de Tunis, il "condamne fermement" les attentats d’Alger qu’il qualifie d’"abominables" et réitère son "rejet du terrorisme sous toutes ses formes". Les attentats d’Alger ont été revendiquées par la branche d’Al Qaïda au Maghreb.
Fin décembre et début janvier derniers, des accrochages meurtriers avaient mis aux prises un groupe armé de "salafistes terroristes" aux forces de sécurité tunisiennes, faisant 12 morts parmi les membres du groupe et deux dans les rangs des forces de sécurité.
9 - Les ambassades occidentales lancent un avis prudence à leurs ressortissants au lendemain des attentats d’Alger
Les pays occidentaux ont réduit jeudi l’activité de leurs représentations diplomatiques en Algérie et demandé à leurs ressortissants de limiter au minimum leurs déplacements au lendemain des attentats d’Alger revendiqués par la branche d’Al-Qaïda au Maghreb et qui ont fait au moins 24 morts et plus de 220 blessés.
Si le gouvernement français estime que les grandes villes algériennes sont "assez sûres en général", il invite néanmoins ses ressortissants à "la plus grande prudence". Le site Internet de l’ambassade de France demande à ses nationaux de limiter leurs déplacements vers les villes par les grands axes, "les voyages par avion étant préférables". L’ambassade recommande également aux Français vivant en Algérie "d’éviter les déplacements répétitifs à des heures et selon un trajet fixes".
L’ambassade des Etats-Unis a décidé de limiter les déplacements de son personnel au cours du week-end algérien de jeudi et vendredi.
A Londres, le Foreign Office recommande à ses ressortissants de limiter leurs déplacements à Alger et annonce sans plus de précisions qu’il examinait des informations selon lesquelles "les terroristes auraient préparé des attentats contre un avion en Algérie".
A Berlin, le site Internet du ministère des Affaires étrangères conseille la prudence aux Allemands se rendant en Algérie car, insiste le ministère, "des attentats terroristes visant les entreprises et les ressortissants étrangers ne peuvent pas être exclus".
10 - Au moins 10 morts et 26 blessés dans un attentat-suicide au camion piégé sur un pont de Bagdad
Un attentat-suicide au camion piégé a été perpétré jeudi matin sur un des principaux ponts de Bagdad, éventrant la structure d’acier et précipitant les voitures dans le Tigre en-dessous, ont annoncé la police et des témoins.
Au moins 10 personnes ont été tuées et 26 autres blessées, selon des sources hospitalières qui soulignent que ce bilan pourrait s’alourdir.
La police tentait de secourir une vingtaine de personnes prisonnières de leur véhicule tombé dans les eaux du Tigre.
L’attentat visait le pont al-Sarafiya qui relie deux quartiers du nord de Bagdad -Azamiyah, une enclave à majorité sunnite et Bab al-Muazam, une zone mixte.
Alors que la police annonçait que cet attentat était le fait d’un kamikaze à bord d’un camion bourré d’explosion, des images d’Associated Press Television News montrait le pont brisé en deux endroits, ce qui pourrait être la conséquence de deux explosions.
11 - Rabat récuse tout lien entre les attentats d’Alger et Casablanca
Les attentats à la bombe perpétrés au Maroc et en Algérie au cours des deux derniers jours étaient l’oeuvre de différents groupes terroristes qui n’agissaient pas de façon coordonnée, a déclaré mercredi soir le ministre marocain de l’Intérieur.
Trois kamikazes présumés se sont fait sauter mardi lors d’une descente de police dans une maison située dans les faubourgs de Casablanca, et la police a abattu un quatrième suspect.
Mercredi, l’Organisation Al Qaïda au Maghreb islamique a revendiqué les explosions de Casablanca ainsi que deux attentats à la bombe qui ont fait 30 morts à Alger.
"Ce qui s’est produit hier (à Casablanca) n’avait rien à voir avec les actes terroristes qu’ont connu les pays voisins", a déclaré à des journalistes, à Casablanca, le ministre marocain de l’Intérieur Chakib Benmoussa.
"Le groupe (marocain) (...) n’a aucun lien direct avec des réseaux terroristes internationaux."
Il a ajouté que les suspects de Casablanca avaient utilisé des moyens primitifs pour se faire exploser, signe que leur geste s’apparente à un "acte terroriste désespéré".
Des responsables ont déclaré que les quatre hommes appartenaient à une bande que la police recherchait depuis le 11 mars, date à laquelle le cerveau présumé du groupe avait déclenché une ceinture d’explosifs dans un cybercafé pour échapper à l’arrestation. Benmoussa a précisé que les autorités avaient arrêté depuis 31 membres de la bande et que trois ou quatre autres étaient toujours en fuite.
12 - Le Conseil de sécurité de l’ONU condamne fermement des "actes odieux de terrorime" en Algérie
Le Conseil de sécurité de l’ONU a condamné fermement deux "actes odieux de terrorisme" dans la capitale algérienne et exigé que ceux qui ont perpétré, organisé et financé ces attentats soient traduits en justice.
Dans un communiqué lu lors d’une réunion solennelle jeudi, le Conseil a réaffirmé "que tout acte de terrorisme est criminel et injustifiable, quelles que soient ses motivations".
Deux attentats-suicides revendiqués par Al-Qaïda mercredi contre le bureau du Premier ministre et un commissariat de police ont tué 33 personnes et en ont blessé 57 autres.
"Le Conseil de sécurité condamne dans les termes les plus sévères les deux attaques-suicides... et exprime sa profonde sympathie et ses condoléances aux victimes de ces actes odieux de terrorime et à leurs familles, ainsi qu’au peuple et au gouvernement de l’Algérie", peut-on lire dans la déclaration.
(Jeudi 12 avril 2007 - Avec les agences de presse)
PÉTITION
Non au terrorisme de l’État d’Israël contre les peuples Palestinien et Libanais
Signez et faites signer la pétition à l’adresse :